Les Victorieuses, un roman qui croise les destins de deux femmes, récompensé par le Prix Solidarité

En partenariat avec L’Obs et soutenu par la Fondation d’entreprise Harmonie Mutuelle, le 17e prix de la Solidarité a été remis par Harmonie Mutuelle. L’objectif est de récompenser des œuvres littéraires qui promeuvent la solidarité, le respect, la tolérance et les valeurs humanistes d’entraide. Cette année, deux lauréates ont été distinguées : Nadia Nakhlé pour Les oiseaux ne se retournent pas et Laëtitia Colombani pour Les Victorieuses, avec qui nous avons pu nous entretenir.

couverture les victorieuses

Son ouvrage retrace le parcours de Solène, avocate en plein burn-out, qui se retrouve envoyée au Palais de la femme dans un foyer pour femmes en difficulté. Contre toute attente, l’héroïne va découvrir des personnalités aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions.

Un récit centré autour du Palais de la femme

L’histoire de votre roman se vit à travers les yeux de deux femmes, pourquoi ?

Laetitia Colombani : J’ai voulu raconter le Palais de la femme à travers les yeux des femmes qui y vivent et y travaillent aujourd’hui, mais aussi à travers les yeux de celle qui l’a créé. Le roman est centré sur deux époques : l’époque contemporaine – on suit le parcours de Solène, une jeune avocate qui fait un burn-out et qui décide de devenir écrivain public au Palais de la femme, et les années 20 avec le combat de Blanche Peyron pour faire exister un lieu qui accueille les femmes. Elle a œuvré toute sa vie en faveur des démunis. Pour le Palais de la femme, elle a financé en lançant une souscription dans toute la France, qui a été un succès. L’Histoire a complètement effacé son nom et j’avais envie de lui rendre hommage. C’est un roman qui raconte un lieu : il est centré sur le Palais de la femme à Paris, un des plus grands foyers d’accueil en Europe, créé en 1926 par Blanche Peyron, qui était alors cheffe de l’Armée du Salut. C’est un lieu qui accueille encore aujourd’hui des centaines de femmes lorsqu’elles ont besoin d’un toit : certaines fuient leur pays en guerre, d’autres fuient les violences conjugales, la prostitution, d’autres étaient à la rue… elles sont là pour tenter de se relever, reprendre leur vie.

Quête de sens, réinvention professionnelle, solidarité : des enjeux contemporains

Vous parlez de burn out dans votre livre, est-ce inspiré de faits réels ?

L.C. : Solène est une femme très privilégiée, et je trouvais intéressant que ce personnage qui en apparence a tout réussi – brillante avocate avec un bel appartement dans un beau quartier – a des failles, qu’elle recherche du sens dans sa vie. Moi-même j’ai une quarantaine d’années et j’ai vu autour de moi beaucoup de personnes avoir cette crise de sens à cet âge. On a parfois besoin de retrouver un sens à ce qu’on fait. J’avais envie de parler de cette fameuse crise du milieu de vie, et de montrer que l’on peut se réinventer, ici au contact de ces femmes avec lesquelles a priori Solène n’a pas beaucoup de points communs. Je voulais voir ce qu’il se passait pour elle au contact de ces femmes, qu’elle aide à écrire des lettres notamment.

En plus d’être romancière, vous êtes réalisatrice, scénariste, actrice…

L.C. : Finalement, toutes ces activités se rejoignent : pour moi, à chaque fois, c’est raconter une histoire. C’est le monde de la fiction qui m’a toujours attirée, j’adore raconter des histoires. D’ailleurs Les Victorieuses est en cours d’adaptation en album pour enfants, et également en série pour la télévision.

Les Victorieuses, éditions Grasset

  • Lauriane Nicol
  • Crédit photo : Grasset

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