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Pascal Manoukian, lauréat du Prix Solidarité 2016

Les échoués*, roman de Pascal Manoukian, a obtenu le Prix Solidarité 2016. Un prix littéraire qui récompense un ouvrage valorisant l’entraide et la générosité. Rencontre avec l’auteur.

Prix Solidarité 2016 Pascal Manoukian

Le jury du Prix Solidarité a choisi de récompenser cette année Les échoués* de Pascal Manoukian. Un roman qui fait écho à l’actualité puisqu’il relate le destin de Virgil le Moldave, Chanchal le Bangladais et Assan le Somalien, migrants sans-papiers qui arrivent en France au début des années 1990. Condamnés à être exploités, ils trouveront le soutien de quelques personnes.

* Publié en 2015 aux éditions Don Quichotte.

 

La solidarité entre les migrants est au cœur de votre roman. Qu’en est-il dans la réalité ?

Pascal Manoukian : Sur la route de l’exil, il n’y a pas beaucoup d’entraide. La seule solidarité qui existe est intracommunautaire : les Moldaves avec les Moldaves, les Afghans avec les Afghans… C’est la géopolitique du parking. Dans Les Échoués, j’ai contraint un musulman, un orthodoxe, des gens qui ont des parcours différents, à être solidaires entre eux, ce qui arrive rarement.

 

Pourquoi avoir choisi les années 1990 pour aborder les enjeux migratoires contemporains ?

P.M. : Les gens découvrent ces routes migratoires, or cela fait plus de vingt ans que l’on y meurt. Virgil, Assad et Chanchal sont des pionniers. Ceux qui partent sont les plus entreprenants : ils ont un projet, ils le financent, le mènent au bout malgré les obstacles. Ils acceptent de sacrifier une génération pour que la suivante vive mieux. L’immigration se juge sur le long terme. Il faut regarder non pas ce que sont les nouveaux arrivants, mais ce qu’ils peuvent devenir.

 

La fiction aurait-elle rencontré votre histoire personnelle ?

P.M. : Ma propre grand-mère a quitté l’Arménie et s’est échouée en France en 1927, sale et fatiguée. Si on ne me l’avait pas présentée comme une personne avec une histoire, elle m’aurait fait peur. La fiction m’a permis d’établir un rapport d’intimité avec les migrants, de raconter et de partager leur vécu.

 

Quel écho Les Échoués a-t-il rencontré auprès du public ?

P.M. : Depuis un an, avec la promotion du livre, je découvre la France ouverte et généreuse. Je crois à la vertu de la relation directe entre les gens. Ce qui ne représente pas grand-chose, pour les uns, peut être énorme pour les autres. Mes grands-parents m’ont toujours parlé de tous ceux qui les ont aidés. Aujourd’hui, je croise beaucoup de personnes qui ont toutes accueilli chez elles Assad ou Virgil… Je suis plutôt optimiste : cette solidarité-là est partout.

 

Pour en savoir plus

  • Delphine de Vigan, Éric-Emmanuel Schmitt, Christian Signol ou Fatou Diomé sont quelques-uns des précédents lauréats du Prix Solidarité. Créé en 2004 par l’Union Harmonie Mutuelles, ce prix littéraire récompense chaque année un ouvrage illustrant l’entraide, la générosité, la tolérance et le respect de la personne humaine. Plus d’informations sur le site de l’Union Harmonie Mutuelles.
  • Le Prix Solidarité a une particularité : il permet au lauréat de désigner une association partageant les mêmes valeurs de solidarité afin qu’elle puisse également être primée. Pascal Manoukian a choisi l’association EliseCare qui apporte des soins au plus près des populations touchées par la guerre en Irak et en Syrie, via des dispensaires mobiles.
  • La rédaction
  • Crédit photo : Pascal Manoukian ©Augustin Détienne / CAPA Picturee

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