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Quel avenir pour notre système de protection sociale ?

Organisation de notre système de santé, rôle des mutuelles, relations entre les différents acteurs de santé… Débat autour des questions qui se posent en matière de protection sociale.

Quel avenir pour notre système de protection sociale ?

À l’occasion de la création du Groupe VYV, fruit de l’union entre les groupes MGEN, Istya et Harmonie Mutuelle, ses fondateurs invitaient à la réflexion autour des évolutions à venir. Certaines ont été inscrites dans le programme d’Emmanuel Macron, et exprimées devant les responsables mutualistes lors de son passage devant Place de la Santé, en février dernier.

 

La place de la santé dans le quotidien et la société

Si tous les participants sont d’accord pour constater l’importance de la santé dans la vie quotidienne des Français, on retiendra l’intervention de Jean-Paul Delevoye*, qui souhaite approfondir la réflexion en plaçant la santé comme un enjeu de société. Pour l’ancien président du Conseil Économique, Social et Environnemental, « la santé est d’abord un bien-être collectif qui doit s’appuyer sur un bien-être individuel ». On ne peut donc dissocier la personne de la société et celle-ci doit pouvoir permettre de passer d’un système strictement curatif pour évoluer vers « une économie de santé comportementale qui permettra à chacun d’être accompagné et pas seulement soigné ».

 

Passer d’un système de soins à un système de santé

Reprenant l’appréciation portée par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran**, un des rédacteurs du programme santé d’Emmanuel Macron, fait sien l’objectif de passer d’un bon système de soins à un excellent système de santé. « Car si on est bon sur les soins, on est moins bon sur la santé », indique Olivier Véran, député de l’Isère et neurologue de profession. Derrière cette petite phrase, une réalité : la France a développé les structures sanitaires, permettant d’offrir un accès aux soins. Les inégalités se font jour lorsque l’on veut passer du soin à leur finalité réelle, un état de bonne santé.

Pour atteindre cet objectif, tous s’accordent à mettre en avant la prévention. Mais cela ne suffira pas, indique Olivier Véran, qui souhaite voir évoluer les modes de rémunération pour privilégier l’objectif (la santé) plutôt que les moyens (les soins).

 

L’organisation du système de santé

Alors qu’Olivier Véran pense que la réorganisation du système de santé passe d’abord par des règles nationales, Élisabeth Hubert, ancien ministre et actuelle président de HaD France, la fédération des services d’hospitalisation à domicile préfère une solution mixte reposant sur une impulsion politique nationale et des initiatives du terrain. Avec un constat : « La priorité d’aujourd’hui de l’action publique est d’obtenir rapidement des résultats ». Et d’indiquer que des solutions comme l’hospitalisation à domicile répondent à la fois aux aspirations des patients, à la question de l’organisation hospitalière, et à celle de la recherche d’économies.

 

Le rôle des complémentaires santé

Évoquant l’objectif du zéro reste à charge sur certains soins (dentaires, optiques, auditifs…), Catherine Mojaïsky, présidente de la Confédération nationale des syndicats dentaires dresse un constat : « On a laissé aux complémentaires le soin d’équilibrer les dépenses de l’Assurance maladie en multipliant par huit, en quelques années, leur participation au financement des soins dentaires ». Et de pointer l’importance de la tarification nationale sur les comportements professionnels sur les honoraires pratiqués. De son côté, Thierry Beaudet, président du groupe VYV et président de la Mutualité Française, se voulait pragmatique : l’objectif du zéro reste à charge « ne peut se faire en dressant les uns contre les autres. Il faut que cet objectif embarque tous les acteurs au dossier ». Il a également rappelé que « le projet mutualiste consiste à identifier les besoins et à construire des réponses collectives ».

 

Les relations avec les professionnels de santé

« Il faut restaurer la confiance entre les complémentaires et les professionnels de santé », indiquait Olivier Véran, quand Élisabeth Hubert invitait la Mutualité à « passer du rôle de financeur à celui d’accompagnateur » d’un mouvement positif pour tous. Ces dernières années marquées par la recherche de solutions de court terme ont distendu en effet ces relations. En accord avec le constat, Thierry Beaudet avance un avantage majeur des mutuelles : « nous n’avons pas la pression du dividende qu’il faut verser à l’actionnaire et nous pouvons être des acteurs du temps long, qui caractérise la recherche de solutions pour le système de santé ».

*Ancien ministre, ancien président du Conseil Economique, Social et Environnemental et ancien Médiateur de la République.
**Député et rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

  • Jean Chezaubernard
  • Crédit photo : Youssef Larayedh

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