Hypnose : une pratique qui s’étend chez les dentistes

De plus en plus de dentistes proposent l’hypnose. Cette technique, qui répond à une méthode précise, aide à diminuer le stress et les douleurs. En particulier chez les enfants. Le point avec le professeur Vianney Descroix, chef du service odontologie de la Pitié-Salpêtrière.

consultation chez le dentiste

L’hypnose médicale est de plus en plus proposée par les dentistes, en cabinet dentaire ou en établissement de santé. C’est le cas à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « Cette technique diminue considérablement l’anxiété des patients et augmente leur confort lors des interventions, explique le professeur Vianney Descroix, chef du service odontologie. Elle permet de diminuer les sensations douloureuses, sans pour autant remplacer une anesthésie locale. »

En pratique, le dentiste procède par étapes pour que le patient soit à l’aise. « Nous commençons par proposer à la personne de regarder une image ou d’écouter une chanson, afin de focaliser son attention. Nous lui suggérons ensuite des sensations : la bouche qui s’engourdit, qui s’allège… Enfin, nous l’invitons à penser à un souvenir ou à une image agréable, rassurante. Le patient peut alors entrer dans un état de conscience modifié. » Les soins peuvent alors se passer dans les meilleures conditions.

Des opérations facilitées avec l’hypnose

On est loin de « l’hypnose spectacle » ou de la manipulation. Il s’agit ici de diminuer les perceptions sensorielles. Ainsi, le patient ressent moins de douleurs et est moins agité. Le travail du dentiste est donc facilité.

Applicable à tout type d’acte, l’hypnose est particulièrement préconisée pour les interventions dentaires complexes ou douloureuses : dévitalisation ou extraction de dent, greffe de gencive… Elle aide à traiter les patients « phobiques » et à soulager les douleurs chroniques.

L’hypnose, plus efficace avec les enfants

L’hypnose est particulièrement efficace chez les enfants. « Leur capacité de suggestion est décuplée. Ils n’ont pas de freins ni de difficultés pour se rendre dans leur imaginaire et leurs rêves », explique le Pr Descroix.

Bien sûr, les outils sont adaptés à la tranche d’âge, aux développements psychomoteur, psychologique et intellectuel, et à l’imaginaire. « Nous ajustons les mots, mais aussi les propositions de suggestion : on peut inviter le petit à “se rendre” à un match de football avec ses copains, à s’imaginer en train de voler ou à se concentrer sur des bulles de savon… Nous-mêmes devons faire preuve d’imagination ! » précise Vianney Descroix. Il ajoute : « L’hypnose est d’abord une méthode de communication entre le médecin et son patient. Bien accueillir l’enfant, lui expliquer ce que l’on va lui faire, contribue à créer une relation de confiance. »

Comment l’hypnose est-elle reconnue ?

De plus en plus de médecins, dans toutes les spécialités, proposent aujourd’hui l’hypnose. Toutefois, elle est considérée par l’Ordre des médecins non pas comme un acte médical en tant que tel, mais comme une médecine alternative et complémentaire. La recherche scientifique se poursuit pour étudier ses effets sur l’état de santé des patients.

  • Cécile Couturier
  • Crédit photo : Getty Images

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