Vrai/faux sur le cholestérol

Au moins un tiers des Français a un taux de mauvais cholestérol trop élevé. Les idées reçues ont la vie dure, alors qu’un rééquilibrage alimentaire suffit dans la majorité des cas à le faire baisser.

cholestérol

1 – Le cholestérol est toujours mauvais pour la santé

Faux. « Il faut distinguer le cholestérol alimentaire, bon pour la santé et le cholestérol sanguin, qui comprend le “bon” et le “mauvais” cholestérol », explique le Dr Laurence Plumey*, médecin nutritionniste.

En fait, ce n’est pas parce qu’on mange du cholestérol que notre taux de cholestérol sanguin augmente. Le cholestérol que l’on mange est transformé en LDL (lipoprotéines à faible densité, ou mauvais cholestérol) par le foie, puis repasse dans le sang et est véhiculé aux cellules. Une fois utilisé, elles en rejettent l’excédent dans le sang, sous la forme de HDL (lipoprotéines à haute densité, ou bon cholestérol).

Le cholestérol est un lipide très utile : composant majeur de la membrane de nos cellules, il a aussi un rôle important dans le fonctionnement de nos hormones et dans la digestion des graisses que nous mangeons.

 

2 – Les médicaments sont toujours utiles pour faire baisser le mauvais cholestérol

Faux. La première mesure à appliquer est de corriger son alimentation, et d’y associer de l’exercice physique. Diminuer ses apports en graisses saturées (beurre, crème fraîche, fromages, sauces, fritures, charcuterie…), augmenter ses apports en oméga-3 (huile de colza, de noix, poissons gras) et en oméga-9 (huile d’olive). Y ajouter une poignée d’amandes par jour.

Par ailleurs, on essaie de marcher chaque jour et, si possible, de prévoir deux séances d’activité sportive par semaine. Bon à savoir : diminuer sa consommation de graisses saturées peut contribuer à faire baisser le taux de LDL cholestérol de 15 à 20 % !

Si après 2 – 3 mois de suivi régulier de cette nouvelle hygiène de vie, il n’y a pas d’amélioration, votre médecin pourra éventuellement vous prescrire une statine (médicament anti-cholestérol).

 

3 – Le régime méditerranéen est le plus efficace pour faire baisser le mauvais cholestérol

Vrai. Selon la très vaste étude « Predimed »** menée en 2013 en Espagne, auprès de 7500 participants, le régime méditerranéen réduit de 30 % les risques cardiovasculaires, l’hypercholestérolémie étant un facteur de risque vasculaire majeur. Ce régime est souvent cité en exemple.

En quoi consiste exactement cette diète ? Légumes à volonté, beaucoup de fruits, de l’huile d’olive et de colza, du poisson, des céréales semi-complètes ou complètes, peu de viande et peu de graisses saturées. Vous pouvez même vous faire plaisir avec des frites de temps en temps, si vous les faites cuire à l’huile d’olive.

 

4 – Il ne faut pas manger d’œufs quand on a du cholestérol

Faux. Les nutritionnistes réhabilitent l’œuf depuis plusieurs années, y compris pour les personnes ayant du cholestérol***. Si le jaune d’œuf est très riche en cholestérol, les 2/3 sont de « bonnes » graisses insaturées.

Plusieurs études cliniques récentes ont montré que la consommation d’un ou deux œufs par jour n’entraîne pas d’augmentation de la cholestérolémie. Cet aliment est un trésor nutritionnel, apportant des protéines d’excellente qualité (et peu chères !), des vitamines et minéraux.

Vous pouvez donc manger un œuf par jour sans inquiétude s’il n’y a pas d’antécédent d’hypercholestérolémie dans votre famille. En revanche, limitez-vous à 2 ou 3 par semaine si vous avez des antécédents.

 

5 – Les margarines anti-cholestérol peuvent aider

Vrai et faux. Ces margarines enrichies en phytostérols et oméga-3 peuvent sans doute aider un peu, mais elles ne sont pas la solution miracle. Leur consommation régulière fait légèrement baisser le taux de LDL cholestérol. Mais en revanche, il n’y a pas de preuve quant à leurs bénéfices cardio-vasculaires à long terme.

Ce constat avait conduit l’Agence nationale de sécurité nationale de l’alimentation (ANSES) à rendre, en 2014, un avis plus que mitigé sur ces produits. Le plus efficace reste donc de prendre de bonnes résolutions alimentaires sur la durée.

 

* Laurence Plumey est médecin nutritionniste au Centre de référence de l’obésité de l’enfant, Hôpital Necker. Auteur notamment de « Le Grand livre de l’alimentation » (Eyrolles, 2015)
** Etude Predimed, parue dans The New England Journal of Medecine
*** F Baron, C Guérin-Dubiard et F Nau, « Les œufs, 60 clés pour comprendre » (éditions Quae, 2017)

  • Sophie Cousin
  • Crédit photo : 97/Istockphotos

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