Les couches jetables sont-elles sans danger pour les bébés ?

Une enquête menée par la Répression des fraudes a analysé les composants des couches pour bébé. Toutes les substances chimiques respectent désormais les seuils sanitaires, mais les fabricants peuvent encore mieux faire.

couches jetables bébé

Dioxine, formaldéhyde, PCB, pesticides, phtalates… Ces mots ont de quoi faire frémir les parents, qui ne s’attendent pas à trouver de telles substances dans les couches jetables de leur bébé. Pourtant, en 2017, une enquête menée par 60 Millions de consommateurs révélait la présence de ces contaminants dans une grande partie des marques disponibles en France. Bonne nouvelle : fin juillet 2020, une nouvelle étude passant au crible 32 modèles de couches révèle une nette amélioration des niveaux de substances chimiques.

Une soixantaine de substances

Début 2017, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) avait été saisie par le ministère des Solidarités et de la Santé, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et la DGPR (direction générale de la prévention des risques) pour se pencher sur la composition des couches jetables présentes sur le marché français. « Nous avons travaillé un an sur les données récoltées par les associations de consommateurs, mais aussi par un laboratoire de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) », rappellent Céline Dubois et Aurélie Mathieu, coordinatrices de cette expertise.

Résultat, quelques mois plus tard, dans son avis, l’Anses détaille avoir trouvé « une soixantaine de substances dont la teneur dépassait les seuils sanitaires pour des enfants de 0 à 3 ans, explique Céline Dubois. Des dioxines, des furanes, des PCB, du formaldéhyde et des HAP ». Ces substances étaient également présentes dans la composition des couches vendues comme « bio ».

Risques cutanés et effets cancérogènes

Au-delà du seuil sanitaire, ces substances peuvent entraîner chez les enfants « des risques à court terme, tels que des sensibilisations cutanées à force de contact et à long terme, des effets au niveau de différents organes (foie, reins…), voire des effets cancérogènes », explique Aurélie Mathieu. Or, en France, depuis vingt ans, plus de 95 % des bébés portent des couches jetables, note l’Anses. L’estimation du nombre total de changes utilisés par bébé avant l’âge de l’apprentissage de la propreté (environ 3 ans) varie entre 3 800 et 4 800.

À la suite de cette enquête de l’Anses, les fabricants de couches ont été convoqués par le gouvernement, qui leur a demandé des engagements précis et leur a fixé un calendrier pour améliorer leurs produits. « Il est important de savoir que la grande majorité des substances retrouvées n’avaient pas été ajoutées à dessein dans la composition des couches », précise Aurélie Mathieu. Leur présence dans les couches pouvait soit résulter d’une contamination des matières premières, soit être formée lors des procédés de fabrication tels que le blanchiment ou le collage. De plus, certains modèles contenaient des substances parfumantes allergisantes. « Il a été demandé aux fabricants de les retirer, ce qu’ils ont tous fait », souligne Céline Dubois.

Nette amélioration de la qualité

Avec une nouvelle étude menée sur 32 modèles de couches entre 2019 et 2020, la DGCCRF montre que les attentes ministérielles ont été prises en compte. « Les constats confirment la nette amélioration de la qualité des références présentes sur le marché depuis la dernière enquête réalisée en 2017, note la Répression des fraudes. Aucun allergène ou résidu de pesticide n’a été trouvé. Des diminutions des contaminations en dioxine et furane, composés chlorés et HAP ont également été relevées, permettant de ne plus constater de dépassement de seuils pour ces substances. »

Les tests n’ont révélé que trois références de couches pour lesquelles la teneur mesurée en formaldéhyde dépasse 10 % du seuil sanitaire : Moina Zaza, Pampers Protection et Marmaille Plus. La DGCCRF a demandé, en juin, des améliorations sur ces marques sous six mois. L’Anses, elle, souhaiterait maintenant élargir ces tests et progrès aux protections pour incontinence vendues pour les adultes.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Pauline Hervé

journaliste spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (prévention, innovation et recherche, soins...)

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