Mars : un mois pour mieux dépister le cancer colorectal

Le cancer colorectal est le 2e cancer le plus meurtrier en France. Pourtant facile, efficace et rapide, le test de dépistage, remis par le médecin, aux personnes entre 50 et 74 ans n’a été réalisé en 2018 que par 32 % d’entre eux. Les associations et les pouvoirs publics organisent en mars un mois pour informer sur le dépistage.

Mars : un mois pour mieux dépister le cancer colorectal

« Je le fais tout simplement parce que c’est important ». Jean-Paul a 58 ans. Tous les 2 ans depuis qu’il a soufflé ses 50 bougies, il se prête à l’exercice du test de dépistage du cancer colorectal. « C’est assez simple, le fait d’être chez soi pour faire ce test de prélèvement facilite quand même les choses », glisse-t-il. « J’ai ensuite posté mon kit et j’ai reçu les résultats très rapidement. Je sais que tout va bien, c’est rassurant ».

Aujourd’hui, seuls 32 % des Français concernés par le dépistage du cancer colorectal effectuent le test. Pourtant, tous les deux ans, les personnes âgées de 50 à 74 ans reçoivent chez elles un courrier. Celui-ci les invite à consulter leur médecin pour qu’il leur remette le kit de dépistage.

Pourquoi est-ce important de faire ce test de dépistage ?

Plus de 43 000 personnes sont touchées chaque année en France par le cancer colorectal. 17 000 en décèdent, ce qui en fait le 2e cancer le plus meurtrier. Or, pris à temps, il se soigne bien. « C’est un vrai problème de santé publique », explique Frédéric de Bels, responsable du département dépistage au sein de l’Institut national du cancer (INCa).

« On a du mal à sensibiliser à ce dépistage alors qu’il permet de repérer le cancer avant que la personne ait des symptômes. Il faut que les gens sachent qu’on atteint plus de 90 % de guérison si le cancer est au début de son développement (stade 1 ou 2). On sauve des milliers de vies grâce à ce test. »

Un test rapide, efficace et à faire chez soi

Le test de dépistage du cancer colorectal permet de détecter des lésions ou des polypes dans le tube digestif et le rectum. Ce test a évolué depuis 2014. « Le nouveau test est beaucoup plus simple et plus rapide », détaille Frédéric de Bels.

Son principe est de détecter des petits saignements dans les selles. « Il est à la fois très efficace et très fiable. Le rapport bénéfice/risque est extrêmement favorable. C’est d’ailleurs pour cela que ce test est diffusé partout dans le monde. S’il est positif, une coloscopie est proposée au patient pour identifier l’origine du saignement. S’il s’agit d’un polype ou d’un cancer débutant, on pourra les enlever directement pendant l’examen. Et donc se passer d’un traitement beaucoup plus lourd. »

Peut-on consulter son médecin traitant pour parler du dépistage ?

Beaucoup de personnes renoncent à effectuer le test de dépistage du cancer colorectal par peur de la maladie. Il ne faut donc pas hésiter à consulter son médecin traitant pour en parler avec lui.

« Son rôle est essentiel. Il doit d’abord expliquer en quoi consiste le test et comment le réaliser. Il remet ensuite le test. Si la personne a des antécédents personnels ou familiaux, et il l’orientera, dans ces cas-là, vers un gastro-entérologue pour un autre examen. Il doit également être là sur le plan humain, pour l’accompagner si un test revient positif (seulement 4 % des cas). Une consultation dédiée au dépistage peut parfaitement se justifier. Il n’y a pas à attendre un rendez-vous sur un autre sujet pour aborder la question. »

Pourquoi un mois de sensibilisation en mars ?

Tout le mois de mars, des actions de sensibilisation sont déployées en France afin de mieux sensibiliser les personnes au dépistage du cancer colorectal. L’information se fait à la fois au niveau national par le biais des relations presse, et dans toutes les régions avec des actions variées menées par les acteurs locaux. Il sera notamment possible de découvrir le « Côlon tour » (une structure gonflable de 10 mètres en forme de colon ayant un rôle pédagogique) dans plusieurs villes de France.

Dépistage du cancer colorectal

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Paola Da Silva

journaliste spécialisée en santé et développement durable.

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