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Mieux comprendre les acouphènes

Mieux comprendre les acouphènes

Ces bruits parasites appelés acouphènes perturbent la vie de centaines de milliers de personnes en France. Pourtant, des solutions existent.

Encore mal connus, les acouphènes sont des troubles auditifs qui se manifestent sous la forme de bruits très gênants (sifflements, bourdonnements, chuintements, cliquetis…) que l’on est seul à entendre. Plutôt aigus (plus rarement de tonalité grave), d’intensité plus ou moins élevée, ces bruits se manifestent de préférence le soir et la nuit.

Tout problème d’oreille (otite, bouchon de cérumen, atteinte des osselets, de l’oreille interne, perte d’audition) est susceptible de provoquer des acouphènes de façon transitoire jusqu’à guérison de la maladie qui les a déclenchés. Quelquefois cependant, les acouphènes persistent, surtout après la soixantaine. Les ORL reçoivent aussi de plus en plus de jeunes patients qui se plaignent d’acouphènes à la suite d’un traumatisme sonore provoqué par l’utilisation excessive d’écouteurs, un concert près des enceintes qui crachent les décibels…

« Les acouphènes résultent à la fois d’une maladie d’oreille qui crée un bug dans l’oreille interne et d’une mauvaise gestion de ce parasitage par le cerveau, explique le Dr François Bobin, ORL à la polyclinique de Poitiers. Ce sont des bruits subjectifs, fabriqués par le cerveau, temporaires ou permanents, que la personne est seule à percevoir, dans une oreille ou dans les deux. »

 

Des acouphènes plus rares

Dans environ 5 % des cas, les acouphènes sont semblables à des bruits de tuyauterie, et perçus comme des pulsations au même rythme que le cœur. Ils sont d’origine vasculaire et liés au passage du sang dans un vaisseau rétréci. Un doppler des vaisseaux du cou viendra confirmer le diagnostic du médecin et une intervention pour dilater le vaisseau en cause fera disparaître ces acouphènes particuliers.

 

Plusieurs spécialités pour traiter l’acouphène

Subir des acouphènes, c’est souffrir au quotidien. Il est donc important de consulter un ORL pour ne pas s’enfermer dans cette souffrance. Après un examen clinique, le médecin vous prescrira un audiogramme (notamment pour évaluer votre sensibilité aux sons aigus) et une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) pour écarter une tumeur bénigne du nerf auditif. Certains centres de prise en charge des acouphènes peuvent aussi vous proposer une acouphénométrie pour mesurer l’intensité et la fréquence de l’acouphène.

Une fois que l’acouphène a été diagnostiqué, la prise en charge fait intervenir plusieurs professionnels : ORL, audioprothésiste, sophrologue ou/et thérapeute en Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC). On ne guérit pas un acouphène. Mais grâce à ce travail d’équipe, il est possible dans la très grande majorité des cas, d’apprendre à bien vivre avec. En cas d’atteinte de l’oreille interne, le Dr Bobin conseille à ses patients un complément alimentaire, associant ginkgo biloba et mélatonine.

Si les examens ont révélé un début de surdité associé, la personne se voit prescrire un appareil auditif pour améliorer son audition. « Du coup, le cerveau, occupé à percevoir les sons environnants, est moins sensible aux acouphènes », explique l’ORL. Si besoin, ces appareils peuvent aussi générer un « bruit blanc » de faible intensité, qui va se mélanger à l’acouphène et ainsi contribuer à le faire oublier. L’objectif est toujours de favoriser « la mise à distance » de l’acouphène. C’est là qu’intervient également la sophrologie : elle apprend à son patient à détourner son attention de ce bruit intérieur pour le percevoir de façon moins forte. Et comme l’anxiété et le stress accroissent la perception de ces bruits, des exercices de respiration, de décontraction et de visualisation à renouveler de façon régulière, viennent compléter cette panoplie de traitements.

Si c’est nécessaire, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) permettront en quelques séances de sortir des fausses croyances (non ce n’est pas l’oreille qui produit ce bruit), de décrypter toutes les associations négatives inconscientes liées aux acouphènes et de reprendre confiance en soi.

 

Pour en savoir plus :

  • Association Francophone des Équipes Pluridisciplinaires en Acouphénologie (AFREPA) : retrouvez les coordonnées des consultations pluridisciplinaires de prise en charge de l’acouphène.
  • Association France Acouphènes : groupes de paroles, permanences téléphoniques…
  • Isabelle Blin
  • Crédit photo : Photo Getty Images

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