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Plantes et fleurs : attention à leur toxicité

Certaines plantes, fleurs, et même les fruits et légumes comestibles peuvent contenir une partie toxique. Et la vigilance est de mise, notamment avec les enfants. Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Plantes et fleurs : attention à leur toxicité

Si vous décidez de planter de nouvelles espèces dans votre jardin ou d’acheter de nouvelles plantes d’intérieur, soyez attentifs car certaines peuvent être toxiques ! Et si vous avez un doute, il ne faut pas hésiter à contacter un centre antipoison. « Tous les ans, les centres antipoison reçoivent 8 000 appels à cause des plantes. L’essentiel concerne un enfant qui mange des baies ou des feuilles. Mais 4 ou 5 % des appels sont liés à des confusions alimentaires entre deux plantes et cela peut être très grave. », explique le docteur Gaël Le Roux, pharmacien toxicologue au centre antipoison d’Angers.

Le plus souvent, l’accident survient lors de cueillettes de plantes sauvages, hors des jardins. Mais il arrive que certaines plantes toxiques poussent dans le jardin en se camouflant… Par exemple l’Œnanthe safranée, dont les feuilles ressemblent au persil plat, peut s’inviter dans votre jardin.

Fruits et légumes : tout ne se mange pas !

Les fruits et légumes comestibles peuvent aussi être toxiques. La tomate par exemple, est délicieuse lorsqu’elle est mûre, mais la feuille, la tige et le fruit vert contiennent des quantités importantes de solanines pouvant entraîner des maux d’estomac. Autre exemple : la rhubarbe. Seules les tiges se mangent car les feuilles contiennent de grandes quantités d’oxalates qui entraînent des dégâts sur les reins. De plus, certains fruits dangereux peuvent parfois ressembler à des fruits comestibles, il faut donc faire particulièrement attention.

Que faire alors lorsqu’un malaise survient après l’ingestion d’une plante toxique ? « Appeler un centre antipoison ! Et si vous pensez à prendre en photo la plante incriminée, c’est encore mieux. En cas de signes graves d’intoxication, l’appel du 15 devient nécessaire », explique Gaël Le Roux.

Il existe beaucoup de plantes toxiques. En voici dix que l’on retrouve dans nos campagnes ou nos jardins, et dont il faut particulièrement se méfier.

Glycine

GlycinePartie toxique  : Le danger provient essentiellement des graines.

Premiers signes d’intoxication : Troubles digestifs avec vomissements, nausées et crampes abdominales.

Comment agir ? Appeler le centre antipoison.

Houx

HouxPartie toxique : Les baies sont moyennement toxiques.

Premiers signes d’intoxication : Manger une à deux baies est sans danger (mais n’est vivement pas conseillé !). L’ingestion de plus de 5 baies peut provoquer vomissements et diarrhée et ingérer plus d’une vingtaine de baies pourra provoquer des troubles neurologiques.

Comment agir ? Pour un grand nombre de baies ingérées, il faut appeler le centre antipoison.

Laurier rose

Laurier rosePartie toxique : Toute la plante contient des substances qui ont un effet puissant sur le cœur.

Premiers signes d’intoxication : Vomissements, douleurs abdominales, maux de tête accompagnés d’un sentiment général de malaise.

Comment agir ? Appeler le centre antipoison.

Muguet

MuguetPartie toxique : Toute la plante est irritante et, à haute dose, toxique pour le cœur.

Premiers signes d’intoxication : Irritation gastro-intestinale : nausées, céphalées, hypersalivation, vomissement, diarrhées, douleurs abdominales…

Comment agir ? Appeler le centre antipoison ou le 15.

Narcisses

NarcissesPartie toxique : Surtout toxique par ingestion des bulbes.

Premiers signes d’intoxication : Vertiges, vomissements, importantes sudations.

Comment agir ? Appeler le centre antipoison.

Œnanthe safranée

Œnanthe safranéePartie toxique : Toute la plante est considérée encore plus toxique que la grande Ciguë.

Premiers signes d’intoxication : Vomissements, violentes crampes abdominales, salivation abondante…

Comment agir ? Appeler le 15 au plus vite.

Primevères

PrimevèresPartie toxique : Toute la plante.

Premiers signes d’intoxication : Réactions allergiques au niveau de la peau ou vomissements chez la personne qui en ingère.

Comment agir ? Si ingestion de petites quantités, rincer la bouche abondamment. En cas de grandes quantités ingérées, appeler le centre antipoison. Et pour l’allergie, voir avec le médecin traitant.

Aconit Napel

Aconit NapelPartie toxique : Toute la plante est extrêmement toxique, elle est connue comme étant un des poisons les plus violents de notre flore.

Premiers signes d’intoxication : Brûlures, picotements pénibles des lèvres, fourmillements buccaux mais aussi des doigts et des orteils.

Comment agir ? Appeler le 15.

Digitale Pourpre

Digitale PourprePartie toxique : La plante est entièrement et extrêmement toxique notamment pour le cœur. La toxicité est maximale dans les feuilles.

Premiers signes d’intoxication : Troubles gastro-intestinaux accompagnés de vertiges, maux de tête, fatigue, troubles de la vue. Cela peut durer plusieurs jours. Un signe caractéristique est le ralentissement du pouls et son irrégularité.

Comment agir ? Appeler le 15.

Grande Ciguë

Grande CiguëPartie toxique : La plante est entièrement et extrêmement toxique pour le système nerveux périphérique.

Premiers signes d’intoxication : Brûlures dans la bouche, suivies de nausées, vomissements, hypersalivation, douleurs abdominales, diarrhées…

Comment agir ? Appeler le 15.

Culture des fleurs : elle aussi n’est pas sans danger

Derrière les bouquets que l’on offre pour faire plaisir tout au long de l’année se cache une réalité moins rose. Fragile, attaquée par les insectes, la culture de la fleur est particulièrement polluante car elle nécessite de grandes quantités de pesticides et d’eau. Et puisque les fleurs ne sont pas destinées à être consommées, les producteurs, majoritairement localisés dans des pays en voie de développement n’hésitent pas à forcer la dose de produits chimiques, au détriment de la santé des travailleurs qui les cultivent. Alors pourquoi ne pas opter pour les fleurs cultivées de manière écoresponsable ? Des labels, comme par exemple « Fleurs de France » ou « Plante Bleue » peuvent vous permettre d’y voir plus clair. Et le meilleur moyen reste d’interroger directement votre fleuriste.

  • Anne Prigent
  • Crédit photo : Getty Images

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