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Seniors : que faire face au risque de chute ?

Les chutes chez les personnes âgées constituent un véritable enjeu de santé publique. Quels sont les facteurs de risques et les moyens de prévention ?

Seniors : que faire face au risque de chute ?
Cédric Annweiler
Cédric Annweiler

Cédric Annweiler est professeur de gériatrie au centre hospitalier universitaire (CHU) d’Angers et administrateur de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG).

Chez les seniors, en quoi la chute est un problème ?

Cédric Annweiler : Chaque année, la chute concerne une personne sur trois âgée d’au moins 65 ans et une sur deux à partir de 80 ans. Outre l’impact psychologique – comme la peur de tomber, qui augmente le risque de récidive mais aussi d’isolement – elle peut occasionner des traumatismes physiques sévères comme la fracture voire, dans certains cas, la mort. Nous faisons donc face à un problème à la fois fréquent et grave.

Comment l’expliquer ?

C.A. : Très souvent, les patients disent qu’ils ont trébuché par maladresse. Cela peut être effectivement dû à un obstacle présent sur leur chemin.

Il ne s’agit en réalité que de la goutte qui a fait déborder le vase. Car une personne jeune, en forme, aurait, elle, réussit à se rattraper. Si on va plus loin, on constate en fait l’existence de facteurs « prédisposant », qui font qu’un individu a malheureusement plus de chance de tomber qu’un autre. L’état de santé, d’abord, peut être en cause : perte de muscle, dénutrition, problèmes de mémoire ou âge très avancé… Il faut aussi prendre en compte l’environnement : un sol glissant et irrégulier, un éclairage insuffisant ou encore des chaussures mal adaptées (dont les talons sont trop hauts ou qui tiennent mal le talon, comme certains chaussons). Enfin, certains comportements s’avèrent dangereux : se lever trop vite de son lit, mal utiliser sa canne, descendre l’escalier sans allumer la lumière…

Au total, on relève plus de quatre cents facteurs de risque.

Comment éviter les chutes chez les seniors ?

C.A. : L’un des moyens de prévention les plus efficaces est la pratique d’une activité physique. Il ne s’agit pas nécessairement de se mettre au sport, mais de faire régulièrement des exercices d’assouplissement et d’équilibre (du type « tai-chi » par exemple) ou de marcher 30 minutes par jour. On peut aussi bien s’y adonner seul avec un coach, qu’en groupe, ce qui a le mérite d’être aussi plus convivial. On diminue la probabilité de tomber de 15 à 20 %.

De même, réduire les comportements à risque de chute, avoir une alimentation équilibrée et riche, ou encore améliorer l’aménagement de son domicile, sont des méthodes efficaces. En tout cas lorsqu’elles sont appliquées de manière individualisée, sur l’ensemble des facteurs de risque propres à chaque personne. En revanche, des consignes générales diffusées çà et là – via des prospectus par exemple – n’ont pas d’impact démontré. Même si elles ne peuvent pas faire de mal.

Quand faut-il consulter ?

C.A. : Dès la première chute (ou même avant, si le danger est évident). En effet, le risque que cela se reproduise se trouve alors multiplié par 17. « Chuter » signifie se retrouver au sol ou à un niveau inférieur à celui de départ, de manière involontaire. Donc s’affaler sur son canapé, aussi, doit être pris au sérieux.

Il faut en parler au médecin traitant, qui peut orienter le patient vers un service de gériatrie pour réaliser une évaluation complète de sa situation (en consultation longue ou en hôpital de jour par exemple) et cerner ses besoins spécifiques. Selon les cas, on y associe une rencontre avec un diététicien pour des conseils personnalisés en nutrition, un rendez-vous avec un ergothérapeute au domicile pour en améliorer l’accessibilité…

  • Propos recueillis par Aurélia Descamps
  • Crédit photo : Getty Images - Portrait : Catherine Jouannet-CHU Angers

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