Un outil pour mieux choisir sa contraception

Un questionnaire en ligne, élaboré par Santé publique France, propose aux femmes une information personnalisée et confidentielle sur les moyens contraceptifs. Objectifs : les conseiller sur la contraception la plus adaptée à leur mode de vie.

Un outil pour mieux choisir sa contraception

Depuis mi-février, Santé publique France a mis en ligne un outil pour permettre aux femmes de mieux choisir leur méthode contraceptive. Ce dispositif gratuit se présente sous la forme d’un questionnaire destiné à apporter, à celles qui y répondent, une information personnalisée et confidentielle sur les moyens contraceptifs existants en adéquation avec leur situation.

Ce questionnaire entend lever les a priori, faciliter le dialogue entre la patiente et son gynécologue, son généraliste ou sa sage-femme. En effet, il ne remplace pas la consultation médicale mais a été pensé pour que le sujet de la contraception ou de son changement soient plus aisément abordés.

Les avantages et les inconvénients exposés

Les questions du dispositif en ligne sont simples. Elles demandent au moins une dizaine de minutes d’attention à l’issue desquelles, un résultat téléchargeable est délivré. Les méthodes contraceptives, considérées comme les plus adaptées aux réponses formulées par l’utilisatrice du questionnaire, apparaissent en tête. Elles sont présentées sous tous leurs aspects : avantages et inconvénients compris. Les moyens de contraceptions contre-indiqués sont aussi évoqués, ainsi que les raisons qui poussent à les déconseiller.

« Un bon contraceptif est celui qui épouse les conditions de santé de la personne, ainsi que son mode, ses habitudes, ses changements de vie », résume Delphine Rahib, chargée d’études à l’unité Santé sexuelle de Santé publique France. « Un moyen de contraception correspond à un moment donné. Il peut ne plus être adapté dans le temps. Quand il représente une contrainte, cela peut entraîner une baisse d’efficacité ».

Un schéma contraceptif encore trop normé

L’inadaptation ou le mauvais usage d’un contraceptif engendrent souvent des conséquences indésirées. Les deux tiers des 300 000 grossesses non prévues, enregistrées chaque année, surviennent sous contraception médicale. Le tiers restant est majoritairement consécutif à l’application de méthodes naturelles comme le retrait ou le calcul des cycles d’ovulation.

D’où l’utilité du questionnaire mis en place par Santé publique France. Il améliore l’information contraceptive, comme le souligne Nicolas Dutriaux, du collège national des sages-femmes de France, qui a contribué à son élaboration. « Il y a encore trop de préjugés. Du style : « Pas de stérilet pour les femmes qui n’ont pas accouché ». D’autres pensent devoir « se nettoyer » de la pilule en l’arrêtant et que la grossesse n’arrivera pas immédiatement. Si cela était vrai, un oubli ne suffirait pas pour tomber enceinte ». Et de préciser que les a priori persistent tant du côté des patientes que de certains professionnels de santé.

On croit, à tort, que le schéma contraceptif classique – « préservatif au début de la sexualité, pilule, puis dispositif intra-utérin après les enfants » – est bon pour tous. « C’est trop normé. Bien que les pratiques contraceptives évoluent, que d’autres modes de contraception ont fini par émerger (comme l’implant ou le patch), la pilule reste toujours le moyen privilégié. Or, ce n’est peut-être pas celui qui convient le mieux à toutes les femmes », insiste Delphine Rahib.

Questionnaire à l’étude pour les hommes

Le questionnaire a été élaboré sur des éléments scientifiques recommandés par la Haute autorité de Santé et les sociétés savantes médicales. Avant sa mise en service, il a été testé par plusieurs groupes d’utilisatrices et jugé facile d’accès, porteur d’informations claires. « 77 % des sondées ont estimé qu’il améliorerait le dialogue avec leur praticien », observe Delphine Rahib.

Santé publique France planche à présent sur un questionnaire adapté aux hommes. Car la contraception est aussi leur affaire, bien qu’elle soit portée par les femmes dans la plupart des cas.

Pour aller plus loin :

Le site dédié à la contraception, proposé Santé publique France.

  • Patricia Guipponi
  • Crédit photo : Getty Images

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