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Vrai/faux sur les problèmes d’audition

Près de 10 % des Français souffriraient de problèmes auditifs. Impact des casques audio, acouphènes, hygiène excessive… Les idées reçues sur ce sujet sont nombreuses. Tour d’horizon des malentendus les plus répandus.

Vrai/faux sur les problèmes d’audition

L’hygiène excessive peut entraîner des problèmes d’audition.

Vrai. Le cérumen est une substance présente naturellement et qui joue un rôle en matière d’hygiène. « Le conduit auditif est sombre, étroit et humide et à une température de 37°. Le cérumen qui s’y trouve a pour but d’assainir l’oreille. Il débarrasse le conduit des microbes en y absorbant l’humidité. C’est normal et naturel », explique le docteur Jean-Michel Klein, ORL et président du Conseil national professionnel des ORL et de la chirurgie cervico-faciale. Or, plus on le nettoie et plus l’oreille secrète du cérumen, ce qui crée des bouchons et provoque des pertes d’audition. « Mieux vaut éviter l’utilisation de coton-tiges, qui favorise ces bouchons. Il faut juste nettoyer l’entrée de l’oreille, et pas plus loin que là ou irait l’auriculaire de la personne, y compris chez les bébés, car le conduit est très fragile et s’enflamme très vite. Un nettoyage une fois tous les 10 à 15 jours est suffisant ».

Un retard de langage chez l’enfant peut être un signe de mauvaise audition.

Vrai. Les parents doivent y être très vigilants. Les enfants peuvent notamment être distraits à l’école lorsqu’ils entendent mal. « C’est alors le ressenti subjectif des parents qui est important pour le diagnostic, car l’enfant compense s’il est par exemple sourd d’une oreille. Il faut alors qu’il y ait un vrai lien entre les parents et l’ORL afin d’éviter le développement de troubles du langage. »

Un traumatisme sonore peut-être une cause de surdité.

Vrai. Ses conséquences peuvent aller de la perte d’audition à la surdité, qui peut même être définitive. « Un bruit très fort s’apparente à un tsunami pour l’oreille. En effet, les cils qui tapissent l’oreille interne ne se régénèrent pas lorsqu’ils sont agressés par un bruit violent. » Si la gêne est parfois transitoire et se limite à des acouphènes, elle peut être permanente, et survenir dès l’enfance. Ces traumatismes sont souvent dus à des concerts, des bruits de chantiers ou encore au branchement d’un baffle. « Il faut vraiment retenir ce message de prévention, insiste le docteur Klein. Quand le bruit est désagréable, sortez de l’endroit exposé ! ».

Les décibels s’additionnent.

Vrai et faux. Tout dépend ce qu’on entend par là. « Si on parle du calcul mathématique des décibels, c’est faux*. Par contre, les sons s’additionnent. » Exemple : on parle naturellement plus fort lorsque l’on se trouve dans un métro bruyant que chez soi au calme. Paroles, bruits des rames, conversations des autres passagers… C’est l’addition de tous ces sons en même temps qui devient dangereuse.

*Les décibels sont une unité logarithmique de base dix, ce qui signifie qu’augmenter le volume de dix décibels produit un son deux fois plus fort que le son de base.

Le port de casques audio ou d’écouteurs augmente le risque de perte auditive.

Vrai et faux. Tout dépend de l’usage que l’on en fait, car le volume sonore des écouteurs est limité par la loi à 100 décibels afin de protéger les usagers. Néanmoins, une écoute à volume élevé sur de longues périodes est suspectée de poser des problèmes. « C’est une inquiétude que nous avons mais il n’y a pas encore de preuve de vieillissement auditif (ou presbyacousie) précoce. Par contre, il est primordial de répéter qu’on ne met jamais de casque à un bébé pour s’endormir, ou à un enfant en bas âge ! C’est une question de santé et de bon sens. »

Il n’existe pas de remède contre les acouphènes.

Vrai et faux. C’est toujours du cas par cas, car le problème est très complexe. « Il faut vraiment écouter chaque patient et avancer petit à petit avec lui. » Si les causes sont multiples, l’origine dentaire est néanmoins fréquente. « Il faut démonter le scénario avec le patient pour analyser le problème : comment est-ce apparu ? Que ressent-il vraiment ? Un bourdonnement, un sifflement ? Il n’y a pas un acouphène identique à un autre. Dans les cas liés aux dents de sagesse par exemple, les enlever règle généralement le problème. »

La perte d’audition avec l’avancée en âge (presbyacousie) est inéluctable.

Vrai. Même si on n’est pas égaux devant le vieillissement. « Tout dépend de votre passé auditif, de votre environnement de travail, de vos antécédents familiaux… » Les premiers signes apparaissent en moyenne vers l’âge de 60/65 ans. « Mais il n’y a rien d’obligatoire, on peut encore entendre parfaitement à 70 ans ! »

Le port d’une prothèse auditive rend l’oreille «paresseuse».

Faux. Au contraire. « La prothèse auditive rend le cerveau actif, car l’audition et la stimulation intellectuelle fonctionnent ensemble. » L’oreille est très importante dans de nombreux aspects de la vie quotidienne. « Si on entend moins bien, on peut avoir des séquelles psychologiques comme une phobie sociale ou de l’anxiété par exemple. »

La pose d’un implant cochléaire peut permettre de retrouver une partie de l’ouïe.

Vrai. Chez les enfants particulièrement, l’opération donne des résultats spectaculaires dans certains cas de surdité bilatérale, lorsque le nerf auditif du patient fonctionne encore. Un important travail psychologique est néanmoins à prévoir chez les adultes. « C’est un très gros changement, qui demande un effort cérébral. Le travail auprès d’un psychologue est nécessaire. »

  • Paola Da Silva
  • Crédit photo : Getty Images

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