Vrai/faux sur le sucre

Dès l’enfance, les saveurs sucrées sont synonymes de plaisir et de réconfort. Bonbons, sodas et biscuits ne seraient pourtant pas sans danger. Le point sur les idées reçues.

Vrai/faux sur le sucre

Le sucre est partout.

VRAI. Dextrose, fructose, glucose, lactose, maltose, maltodextrine, sirop de glucose, sirop de sucre, sucre inverti, saccharose, sirop de maïs… Les sucres ont envahi notre alimentation et se cachent sous forme de « sucre ajouté » dans de nombreux produits alimentaires : des céréales du petit-déjeuner aux plats cuisinés salés, en passant par les soupes préparées, les croustillants de poisson, le ketchup, la charcuterie et bien sûr les sodas. Mais ce n’est pas tout ! On retrouve aussi du sucre dans nos produits d’hygiène (parfums, savons, shampooings et même dentifrice) et même dans la cigarette !

Le sucre provoque des caries.

VRAI. Au contact du sucre, certaines bactéries présentes naturellement dans notre bouche se multiplient. Elles produisent un acide qui attaque l’émail, puis plus profondément la dentine (intérieur de la dent qui entoure les nerfs et les vaisseaux sanguins), provoquant une carie. La meilleure des préventions : arrêter le grignotage et se brosser les dents après chaque repas.

Le sucre est responsable du diabète.

FAUX. Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune sans aucun lien avec la consommation de sucre. Le diabète de type 2 est quant à lui influencé par le surpoids, la sédentarité et une alimentation trop riche, particulièrement en cas de prédisposition, souvent familiale. En fait, c’est le système de régulation de la glycémie qui est perturbé, entraînant un taux de glucose dans le sang anormalement élevé : supérieur à 1,10 g/l à jeun et une hémoglobine glyquée (ou HbA1C) inférieure à 6,5. D’ailleurs, même les personnes diabétiques peuvent manger du chocolat ou une part de tarte à condition de modérer leur consommation et d’avoir un repas riche en fibres végétales.

Le sucre roux est meilleur pour la santé.

FAUX. Il ne faut pas diaboliser le sucre blanc qui reste préférable aux substituts de sucre (sucrettes), car certains d’entre eux peuvent modifier l’équilibre de la flore digestive, surtout chez les enfants. Quant au vrai sucre roux, il est seulement moins raffiné, il possède donc légèrement plus de minéraux et de calcium que le sucre blanc, mais pour en ressentir la différence sur la santé, il faudrait en consommer des grandes quantités par jour… ce qui n’est pas du tout recommandé ! Prudence aussi, car dans le commerce, on trouve malheureusement de nombreux faux sucres roux qui sont en fait des sucres blancs chauffés : « caramélisés ». On les repère facilement car en lisant l’étiquette, on trouve le terme caramel dans leur composition. Le sucre le plus intéressant nutritionnellement est sans doute le rapadura, sucre de canne complet au goût corsé, ce qui permet d’en mettre très peu.

Un produit « sans sucres » ne contient pas de sucre.

FAUX. La mention « sans sucres » ou « zéro sucre » s’applique à des aliments ou boissons ne contenant pas plus de 0,5 g de sucres pour 100 g ou 100 ml de boisson. Quant au produit « allégé en sucre » ou « light », il a subi un allégement de minimum 30 % (en sucres, en graisses ou en calories) par rapport à un produit standard identique. « À faible teneur en sucre » enfin, signifie que le produit contient au maximum 5 g de sucre pour 100 g ou 100 ml.

Le sucre fait grossir.

VRAI et FAUX. Seul et consommé en quantité limitée, il ne pèse pas sur la balance, mais dans la réalité il est souvent responsable de kilos supplémentaires. Tout d’abord, plus on absorbe de produits sucrés, plus on secrète d’insuline et plus on stocke du gras (triglycérides) dans les cellules adipeuses (graisse). Ensuite, le sucre est très souvent associé à des lipides dans les gâteaux, biscuits et autres préparations industrielles, déconseillés pour garder la ligne. Bonne nouvelle cependant : si on diminue sa consommation de produits sucrés, l’organisme va puiser dans les stocks de glucose et de graisse pour fonctionner, ce qui allégera d’autant la balance.

Point de vue

« Le sucre est indispensable, mais il ne faut pas en abuser »

Par le Docteur Laurent Chevallier, praticien attaché au CHRU de Montpellier (médecine Interne), Chef de l’Unité nutrition, médecine environnementale à la Clinique du Parc (Castelnau-Le-Lez)

Dr Laurent Chevallier © Philippe Matsas, Opale, Editions Fayard
© Philippe Matsas

« Les glucides (sucres) sont indispensables, puisqu’ils représentent le principal « carburant de l’organisme ». À commencer par le cerveau qui a besoin de sucres lents (pommes de terre, riz, pâtes, pain…) et de sucres rapides (glucose, fructose) pour fonctionner. Un enfant a par exemple besoin de 180 g de sucres chaque jour, qu’il trouve en mangeant chaque jour des fruits mûrs ou des compotes maison et des sucres lents (pommes de terre, pain, riz, pâtes) accompagnés de légumes. Inutile d’en rajouter. Les gâteaux, viennoiseries et biscuits industriels riches en sucres et en graisses doivent rester exceptionnels, tout comme les sodas et les jus de fruits. Si les parents tiennent absolument à ce que leur enfant boive du jus de fruit, il faut privilégier un fruit pressé à la maison, dilué dans 2/3 d’eau. »

  • Isabelle Blin
  • Crédit photo : gilaxia / Istockphotos

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