Apnées du sommeil : les enfants aussi !

Encore trop tardivement diagnostiqué, le syndrome d’apnée obstructive du sommeil de l’enfant concernerait 1 à 3 % des 3-6 ans souffrant de ronflements. Non traité, ce syndrome entraîne une sérieuse altération de la qualité de vie. Au moindre doute, il ne faut pas hésiter à consulter.

Apnées du sommeil : les enfants aussi !

Votre petit dernier ronfle souvent, dort la bouche ouverte, la tête en arrière, il transpire beaucoup la nuit et ses réveils nocturnes sont fréquents ? Peut-être souffre-t-il d’un syndrome d’apnée obstructive du sommeil de l’enfant (SAOS). Si l’on entend souvent parler de ce trouble chez les adultes, il touche également parfois les plus jeunes. Eux aussi « peuvent avoir une obstruction partielle ou totale de leurs voies aériennes supérieures (nez, gorge) pendant le sommeil, explique le docteur Annick Andrieux, pneumo-pédiatre à Bordeaux, sur le site de l’association Asthme et allergies. Les plus à risque sont les enfants qui sont nés prématurément, qui présentent un asthme, une rhinite allergique, des infections ORL à répétition, qui ont un reflux gastro-oesophagien important, et/ou dont un des parents au moins fait de l’apnée du sommeil. » Ce trouble est aussi plus fréquent en cas d’obésité. Encore largement sous-estimé et tardivement diagnostiqué, le SAOS de l’enfant concernerait 1 à 3 % des 3-6 ans souffrant de ronflements selon la Haute Autorité de santé (HAS).

Un questionnaire pour évaluer la sévérité apnéique de l’enfant

Sur son site internet, le réseau de santé Morphée propose un questionnaire de dépistage du syndrome d’apnée obstructive (SAOS) chez les 3 à 12 ans. Ce questionnaire de six items (difficultés de respiration de l’enfant pendant le sommeil, fréquence et intensité du ronflement…), qui s’adresse aux parents, ne se substitue évidemment pas à un avis médical. Mais il apporte toutefois un premier éclairage. Au moindre doute, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant.

Efforts respiratoires

Si votre enfant ronfle très occasionnellement mais que sa nuit reste calme et qu’il ne présente pas de troubles du comportement : pas d’inquiétude. En revanche, en cas de ronflements fréquents accompagnés d’efforts respiratoires et de perturbations du sommeil, n’hésitez pas à consulter rapidement. Non traité, le SAOS entraîne une altération de la qualité de vie avec un état très agité en journée (des colères, des pleurs et des changements brutaux d’humeur), des maux de tête, une respiration fréquente par la bouche, ainsi que des difficultés d’attention et de concentration. On peut aussi plus rarement retrouver « des complications cardiovasculaires (hypertension artérielle) et métaboliques (prise de poids) », précise le docteur Andrieux.

D’origine multifactorielle, le SAOS est essentiellement « imputable à l’hypertrophie des tissus mous pharyngés (végétations, amygdales, ndlr), à une étroitesse des voies aériennes osseuses, à une atteinte du tonus musculaire ou à une combinaison de ces facteurs », détaille une étude mise en ligne en mai 2017 par la revue scientifique Médecine du sommeil.

Prise en charge multidisciplinaire

Pour cette raison, la prise en charge doit être multidisciplinaire. En fonction des cas, elle pourra associer un traitement chirurgical ORL avec un retrait des végétations, une prise en charge chez l’orthodontiste (le fait de respirer par la bouche peut entraîner un trouble de la croissance de la mâchoire de l’enfant), de la rééducation en kinésithérapie maxillo-faciale ou linguale (chez les enfants qui respirent par la bouche, la langue reste en position basse, c’est-à-dire qu’elle ne touche pas le palais). « Même si la prise en charge ORL reste le pilier (l’ablation des amygdales et des végétations fait disparaître tous les symptômes dans 80 % des cas, ndlr), l’orthodontie fonctionnelle et la kinésithérapie ont une place primordiale dans la prise en charge globale », souligne le réseau de santé Morphée, spécialisé dans les troubles du sommeil. A tout cela s’ajoutent aussi si nécessaire un bilan allergologique ainsi que des mesures d’hygiène de vie, comme par exemple bien laver le nez de l’enfant, adopter une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Enfin, si les apnées du sommeil persistent à la suite de la chirurgie ORL ou si la prise en charge orthodontique et la kinésithérapie maxillo-faciale durent dans le temps, un masque nasal avec machine de ventilation à pression positive (PPC ou CPAP) pourra aussi être proposé.

  • Aliisa Waltari (ANPM-France Mutualité)
  • Crédit photo : Shutterstock

3 commentaires pour cet article

  1. Patrice REINHART

    Avec 30 apnées par heure, mes nuits étaient devenues un enfer, ainsi que pour mon conjoint. Le petit compresseur (logé à la tête du lit) a complètement changé ma vie: je dors 7 à 8 heures par nuit, je ne me réveille plus fatigué comme avant. Le technicien est venu ajouter une option sur la machine: un tuyau chauffant et un humidificateur qui empêche la déshydratation au cours de la nuit. Il suffit de remettre un verre d’eau dans l’appareil chaque soir, et le tour est joué!

  2. MONTOYA JEAN-MARC

    Je suis traité depuis plus de 10 ans par une machine PPC ma vie a changées complètement. Avant le traitement je m’endormais au volant après 10mn de conduite. Je ne pouvais assister à aucune réunion sans m’affaisser sur la table. Je confirme que pour ma part l’adaptation aux différente masques faciaux a été compliquée au point où j’ai failli tout abandonner. Grâce à la perspicacité de l’AIRRA mon prestataire j’ai découvert et adopter le masque nasal ou deux petit embout viennent effleuré le nez. Enfin j’ai dû abandonner le lit conjugal l’attirail n’est il est vrai pas très glamour et reste malgré les progrès gênant pour le partenaire.

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