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Incontinence urinaire féminine : des solutions existent

L’incontinence urinaire féminine peut être taboue. Il existe pourtant des solutions. Lorsque les fuites sont handicapantes, un diagnostic personnalisé permet de cibler un traitement adapté : des médicaments ou une intervention chirurgicale.

Incontinence urinaire féminine : des solutions existent

Le traitement contre l’incontinence est personnalisé en fonction de ses symptômes. Trois types d’incontinence existent. « C’est d’abord à la patiente de l’identifier elle-même car l’incontinence peut intervenir dans différentes circonstances : lors d’hyperpression abdominale et d’activités physiques. Il s’agit alors d’incontinence à l’effort », explique le Professeur Jean-Nicolas Cornu, responsable du Comité d’urologie et de périnéologie de l’AFU.

Ce type d’incontinence se caractérise par des fuites redoutées par la patiente à l’effort, c’est-à-dire lorsqu’elle tousse, éternue ou lors d’une pratique sportive.

Le deuxième type d’incontinence est dite d’urgenturie : les fuites peuvent provenir suite à un besoin urgent, soudain et irrésistible d’uriner. « En troisième lieu, l’incontinence peut être mixte, associant incontinences d’effort et par urgenturie », précise l’urologue. Il existe d’autres types plus rares d’incontinence, comme pendant les rapports sexuels, lors de la mise en station debout, ou encore permanente ou insensible…

Un diagnostic personnalisé

« À l’examen clinique, on est capables de voir les fuites à l’effort lorsque la patiente tousse, vessie pleine. Pour l’urgenturie, il s’agit de réaliser un interrogatoire. Il est indispensable de noter le poids, la taille, l’âge de la personne, ainsi qu’une éventuelle opération du ventre », souligne le professeur Jean-Nicolas Cornu. Le spécialiste va aussi s’intéresser à la vessie. Si elle se vide mal, il peut exister un trouble de la vidange et masquer ou aggraver une incontinence.

Pour évaluer le degré d’invalidité causée par l’incontinence, il évalue la gêne, le contexte et le retentissement du problème dans le quotidien. Il va observer les arrêts de travail, le coût des protections hygiéniques… L’opération sera privilégiée si la patiente est handicapée par l’incontinence à l’effort. Le professeur Jean-Nicolas Cornu conseille « d’attendre après la kinésithérapie et de juger de la gêne, avant d’avoir recours à l’opération. »

Rééducation manuelle ou par sonde

Dans un premier temps, la kinésithérapie est un traitement intéressant pour les trois types d’incontinence car elle est peu invasive. Une première série de séances chez un professionnel est fortement recommandée. La rééducation permet d’améliorer l’incontinence à l’effort en ayant recours à une sonde ou à la rééducation manuelle.

Grâce à l’électrostimulation de la sonde, le thérapeute va faire travailler les muscles qui passent sous la vessie. « En mettant la sonde, la patiente serre elle-même avec ses muscles et la contraction est retranscrite », détaille Anne Behr, sage-femme au service de rééducation périnéale du centre hospitalier de Haguenau. Avec la rééducation manuelle, elle examine la patiente et cette dernière suit les indications de la soignante. La rééducation manuelle est plus abstraite car elle utilise des images, comme la grotte, le pont-levis, le vase, alors qu’avec la sonde, la contraction est quantifiable.

Par la suite, il est possible de poursuivre à domicile. « Le professionnel conseille des exercices à faire à la maison et prescrit une sonde. Cette dernière sert soit à l’électrostimulation soit à la prise de conscience des processus physiologiques par la patiente. Elle serre sur la sonde avec ses muscles et voit ce qui se passe sur écran grâce au biofeedback », explique Anne Behr.

Pour réguler les vessies hyperactives, le spécialiste utilise une technique de neuro modulation. Cette chirurgie est proposée en ambulatoire. « Il s’agit de poser une électrode comme un pacemaker au niveau du sacrum », souligne le Professeur Jean-Nicolas Cornu. Concernant l’incontinence à l’effort, les sphincters urinaires peuvent être renforcés par la pose de ballonnets ou le recours à un sphincter artificiel. L’hospitalisation se fait respectivement en ambulatoire et sur quelques jours.

  • Céline Clémentz
  • Crédit photo : Halfpoint / Getty

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