Entreprises : des initiatives pour la qualité de vie au travail

Certains employeurs n’hésitent pas à s’investir en faveur du bien-être de leurs salariés au-delà des obligations légales. Le cabinet de conseil Galiléa, les magasins Électro Dépôt et le centre communal d’action sociale (CCAS) de Poitiers se sont illustrés par des politiques particulièrement volontaristes.

Entreprises et qualité de vie au travail

Prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS)

Service Petite enfance du centre communal d’action sociale (CCAS) de Poitiers – 220 agents.

 

Valérie Gustin-Moinier, directrice du service :

« Parce qu’ils portent des enfants et adoptent des postures contraignantes (se baisser, se tourner…) tout au long de la journée, les agents qui exercent dans les crèches sont particulièrement exposés au risque de troubles musculo-squelettiques (TMS) (douleurs aux articulations : coudes, genoux, épaules…). Et le taux d’absentéisme s’en ressent. Pour freiner son augmentation, nous avons lancé une campagne de sensibilisation ‘Attention fragile’ en octobre 2012, subventionnée par le Fond national de prévention. Un film – désormais diffusé à toutes les nouvelles recrues – a été réalisé et un guide de bonnes pratiques sur les postures à adopter a été conçu, avec une stagiaire étudiante en ergonomie.

Quatre référentes accompagnent les agents et la prévention des TMS constitue un axe prioritaire de notre plan de formation et de nos investissements. Tous les établissements ont notamment été équipés de tabourets à roulettes, pour se déplacer rapidement, sans avoir à se lever. Les crèches récemment rénovées ont aussi bénéficié d’espaces réaménagés, comme les zones de change. Enfin, nous avons repensé en partie l’organisation du travail afin de limiter l’intensité de l’activité – pendant certaines périodes pour les agents d’entretien – qui renforce l’apparition de troubles. »

 

Marie-Odile Augereau, agent de cuisine et d’entretien :

« En tant que référente, je me déplace deux jours par mois dans les crèches pour observer les conditions d’exercice et rencontrer les agents. Je corrige avec eux leurs postures ou l’aménagement de leur espace de travail. Cette fonction fait écho à une préoccupation personnelle de longue date : celle d’optimiser et d’économiser mes gestes au quotidien, afin de rester en forme. »

 

Faciliter la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle

Galiléa, cabinet de conseil en ressources humaines – 8 collaborateurs, Angers.

 

Armelle Le Pennec-Panagos, consultante associée :

« L’accès au travail à temps partiel est facilité et les horaires sont souples. Nous sommes aussi tous équipés pour exercer ponctuellement à domicile, pour garder un enfant malade par exemple. En contrepartie, les collaborateurs répondent présents en cas de pic d’activité : c’est un deal tacite. Ce mode d’organisation s’est imposé au vu de la composition de notre équipe – des parents de jeunes enfants pour beaucoup – et de notre métier, qui nous confronte régulièrement à la question de la qualité de vie au travail chez nos clients et nous invite à être exemplaires au sein du cabinet.

Il est d’autant plus aisé à mettre en œuvre que nous sommes toujours en contact et très peu nombreux : en dehors de la réunion d’équipe bimensuelle, les arrangements se font de gré à gré, au fil de l’eau. Des séances de supervision régulières sont aussi organisées avec une psychologue, pour évoquer les cas difficiles auxquels nous pouvons être confrontés en tant que consultants. Elles permettent de prendre du recul. »

 

Majid Chajia, consultant associé :

« Pour passer davantage de temps en famille, je ne travaille pas le mercredi matin. J’ai aussi la possibilité de me libérer à tout moment, en cas d’imprévu. Le management est fondé sur des principes de confiance et de solidarité, bénéfiques pour notre bien-être et pour l’activité. »

 

Co-construire la stratégie de l’entreprise avec les salariés

Magasins Électro-dépôt, 1 080 salariés en France.

 

Stéphane Wilmotte, directeur des ressources humaines (DRH) :

« En 2010, nous avons lancé une réflexion sur notre stratégie à dix ans, à laquelle nous avons associé les managers et les équipiers. Cela a permis d’aboutir à une vision partagée, dont tout le monde a connaissance. Chaque année, de nouveaux points de progrès sont identifiés – aussi bien en matière de valorisation des ressources humaines que de politique commerciale. Le dialogue s’engage alors au sein de groupes de travail, afin de définir des actions à mettre en œuvre.

Notre chaîne hiérarchique courte – seulement trois niveaux, de l’équipier à la direction générale, en passant par l’encadrement local – favorise également la participation de tous les collaborateurs à la vie de l’entreprise. Nous nous sommes aussi engagés dans une politique de partage de la valeur : plus de 90 % des salariés sont actionnaires de la société. Ensemble, ils possèdent 10 % du capital. Résultats ? Notre turn-over est passé de 32 % à 20 % entre 2011 et 2014 et notre dernier baromètre social affiche de bons scores, tout comme l’enseigne. »

 

Brigitte Vicari, équipière à Vitrolles, déléguée syndicale :

« De manière générale, l’information circule bien dans l’entreprise, la parole est ouverte et les managers se montrent accessibles. Comme Électro Dépôt est en pleine croissante, les revenus sont tirés vers le haut par les primes d’activité, l’intéressement et la participation. Mais nous devons veiller à ce que les salaires fixes évoluent également. »

 

Pour en savoir plus

  • Aurélia Descamps
  • Crédit photo : iStockphoto

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