Une maison partagée entre personnes âgées

Des personnes âgées en cohabitation. C’est le principe des maisons partagées d’Ages sans frontières où la salle à manger et la cuisine sont communes mais les chambres sont individuelles. De quoi conjuguer liberté et sécurité. Exemple dans le Tarn.

Une maison partagée entre personnes âgées

« Il faudrait créer les 6 étoiles pour cette maison ». À 87 ans, Simone a le moral et le sourire. Depuis quelques semaines, elle a quitté sa grande maison isolée dans la campagne tarnaise pour rejoindre une maison partagée à proximité d’un village. C’est-à-dire une cohabitation avec d’autres personnes âgées. Le principe est simple. Une dizaine de résidents vivent ensemble. Chacun a sa chambre et sa salle d’eau. La cuisine, la salle à manger et le salon sont communs. « Nous avons créé ce concept il y a une dizaine d’années pour répondre à plusieurs problèmes sociétaux : la fin de la solidarité entre voisins, l’éclatement des familles, les faibles retraites, la solitude… », explique Josette Ancilotto, responsable du pôle habitats alternatifs au sein de l’association Ages sans frontières.

Cinq ont déjà vu le jour dans le Tarn. La dernière de 400 m2 avec 12 chambres a ouvert à Brens près de Gaillac en juillet 2019. Et d’autres sont en projet dans le département et au-delà. « Nous avons noué des liens avec des maires de communes de Bretagne, du Massif Central… Et nous espérons les aider à propulser leur projet de manière artisanale. Nous avons la certitude que ce concept peut également accompagner des personnes atteintes de diverses pathologies », ajoute Josette Ancilotto. D’ailleurs, en 2020, dans le Tarn, une maison partagée pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer devrait voir le jour.

Maison partagée de Brens
La maison partagée de Brens a ouvert en juillet 2019.

Des gouvernantes en soutien

« Ces maisons partagées ont une véritable utilité sociale. L’objectif est de promouvoir l’autonomie des résidents et qu’ils aillent au bout de leur vie en évoluant. Pourquoi la vieillesse serait-elle toujours une déchéance ? », s’interroge Josette Ancilotto.

Deux gouvernantes se relaient au sein de ces maisons partagées. Elles sont présentes de 10 heures à 17 heures. Elles vont faire les courses avec les résidents, établissent des menus équilibrés avec eux, les aident à préparer les repas, s’occupent de la blanchisserie… « Le groupe qui s’est formé à Brens est solide et harmonieux. Elles (N.D.L.R. : il n’y a que des femmes pour le moment) discutent et jouent ensemble au scrabble par exemple. Elles ont déjà beaucoup changé depuis leur arrivée. Elles traînaient la solitude comme un fardeau et aujourd’hui c’est comme un manteau qu’elles auraient enlevé à la sortie de l’hiver », raconte Chantal, gouvernante.

Avec la liberté comme mot d’ordre, chacun se sent chez soi. C’est le cas de Monique, 81 ans, qui se trouvait isolée dans son appartement. « Ici, j’ai de la compagnie tout en étant libre. Pour moi, ma chambre, c’est mon appartement. J’ai pu apporter quelques meubles, je me sens chez moi. La solitude me pesait, je n’aimais pas manger seule, j’allumais la télévision pour avoir du bruit », explique-t-elle. Même positivisme chez Simone qui « ne se voyait pas en maison de retraite ». « Elle revit ici, elle est occupée », se réjouit sa belle-fille venue lui rendre visite.

Chantal, la gouvernante
Chantal, la gouvernante est présente de 10 heures à 17 heures.

Un coût attractif

Certaines ont même encore leur voiture et partent jouer à la belote dans un club voisin. Une solidarité s’est déjà mise en place. Certaines sont chargées de vérifier la fermeture des volets et des portes le soir, d’autres s’inquiètent de la bonne prise de médicaments de l’une d’entre elles. En quelques jours, une véritable vie de groupe s’est installée. « C’est une auberge, se réjouit Josette Ancilotto. Et nous souhaitons l’ouvrir vers l’extérieur en organisant des veillées, en créant du lien avec l’école ou la crèche ».

Le coût est également attractif, il varie entre 1 200 et 1 475 € par mois pour les maisons gérées par Ages sans frontières. Les résidents peuvent bénéficier de l’allocation logement et/ou de l’aide sociale.

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : CF

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