Arthrose : comment le diagnostic est-il établi ?

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À ce jour, l’arthrose est diagnostiquée par un examen clinique souvent doublé d’une radiographie, voire d’examens complémentaires (IRM*, arthroscanner). Mais de nouvelles techniques d’imagerie ouvrent la voie à un diagnostic plus précoce. Explications.

arthrose

Quels sont les principaux symptômes de l’arthrose ?

L’arthrose est une maladie qui se caractérise par la destruction du cartilage articulaire, c’est-à-dire le cartilage qui recouvre l’extrémité d’un os. Trois symptômes orientent vers un diagnostic d’arthrose. On observe d’abord des douleurs dites « mécaniques » au niveau de l’articulation. « Ces douleurs apparaissent surtout en fin de journée, après avoir bien marché ou mobilisé ses doigts par exemple. Elles se calment ensuite au repos et – en dehors des poussées inflammatoires – ne réveillent pas la nuit, remarque le Dr Laurent Grange, rhumatologue au sein du CHU Grenoble-Alpes et président de l’Association française de lutte anti-rhumatismale (AFLAR).

Par ailleurs, les personnes atteintes d’arthrose observent des enraidissements articulaires qui apparaissent après un temps de repos. « Le « dérouillage », c’est-à-dire le temps nécessaire pour que l’articulation retrouve sa souplesse, peut parfois durer entre cinq et dix minutes », précise l’expert.

Le deuxième symptôme est une gêne fonctionnelle, c’est-à-dire la difficulté à mobiliser les membres concernés (le genou, les doigts, la hanche…). Enfin, l’arthrose peut engendrer des craquements lorsque l’articulation est mobilisée.

Quelles sont les techniques actuelles qui permettent de diagnostiquer l’arthrose ?

Le médecin procède d’abord à un interrogatoire clinique. Il questionne son patient sur le type de douleurs ressenties, leur contexte d’apparition, leur fréquence. Il procède également à un examen clinique pour repérer l’apparition de déformations spécifiques (nodules) qui entraînent, par exemple, une déformation des doigts. « Si l’on souhaite investiguer plus avant, on propose ensuite une radiographie qui, dans la majorité des cas, suffit à confirmer le diagnostic », note le Dr Laurent Grange.

Avec une réserve néanmoins : « Seuls les tissus osseux sont visibles sur la radiographie car les « tissus mous » (les cartilages, les muscles, les ligaments) n’absorbent pas suffisamment les rayons X pour y apparaître, explique Emmanuel Brun, chercheur à l’Inserm et membre du laboratoire Strobe** de l’université de Grenoble Alpes. La présence d’arthrose est donc identifiée par des signes « indirects ». »

À quels signes indirects reconnaît-on l’arthrose sur une radiographie ?

Il existe quatre signes caractéristiques de l’arthrose :

  • Le pincement de l’interligne entre deux structures osseuses. « Cet affaissement traduit une destruction du cartilage », souligne le Dr Laurent Grange.
  • La formation d’excroissances osseuses appelées becs-de-perroquet ou ostéophytes.
  • La condensation de l’os sous-chondral, c’est-à-dire l’augmentation de la densité osseuse sous le cartilage.
  • La formation de géodes, à savoir des trous à l’intérieur de l’os.

Sait-on détecter et soigner l’arthrose débutante ?

La radiographie ne permettant pas de voir les « tissus mous », il est pour l’heure impossible d’identifier une arthrose naissante. Ainsi, il arrive que des patients souffrent de douleurs liées à l’arthrose, mais présentent une radiographie « normale ».

D’autres techniques d’imagerie sont néanmoins proposées pour une investigation plus poussée : le scanner (qui fait lui aussi apparaître l’os), l’IRM ou l’arthroscanner, qui rendent visibles les « tissus mous ». Problème : l’arthroscanner est une technique relativement invasive. Il suppose l’injection d’un produit de contraste dans l’articulation, qui implique un risque (rare) d’infection ou d’allergie.

C’est pourquoi, des chercheurs de l’université Grenoble Alpes travaillent depuis plusieurs années sur une nouvelle technique d’imagerie dite « imagerie par contraste de phase aux rayons X » (ICP). Actuellement en phase « préclinique », elle devrait être accessible au grand public d’ici 5 à 10 ans. « Son avantage est qu’elle permet de visualiser simultanément, et avec une grande précision, tous les tissus touchés, indique Emmanuel Brun. En apportant une vue d’ensemble de l’articulation, elle rend possible une détection plus précoce de l’arthrose et un diagnostic plus précis de son état d’avancement. »

Comment l’arthrose est-elle prise en charge une fois détectée ?

« Des recherches sont en cours pour mettre au point un traitement spécifique bloquant l’évolution de l’arthrose, mais pour l’heure, sa prise en charge est essentiellement symptomatique. Elle vise à calmer la douleur et à obtenir une amélioration fonctionnelle des articulations », précise le Dr Laurent Grange, rhumatologue au sein du CHU Grenoble-Alpes et président de l’Association française de lutte anti-rhumatismale (AFLAR).

Par ailleurs, bien qu’on ne possède à ce jour aucun médicament capable de stopper l’arthrose, des solutions efficaces existent pour prévenir sa genèse et améliorer la qualité de vie des patients.

Trois recommandations prioritaires se distinguent : une activité physique régulière (une demi-heure de marche chaque jour, par exemple), un travail de renforcement musculaire (via des séances de kinésithérapie) et la perte de poids. « Il est par exemple établi que la perte de 10 % de son poids améliore de 25 % la qualité de vie des patients en surpoids atteints d’arthrose », remarque l’expert.

* Imagerie par résonance magnétique.

** Rayonnement synchrotron pour la recherche biomédicale.

Pour en savoir plus :

  • AFLAR : seule association de patients arthrosiques en France « Allô Rhumatisme » (n°Azur : 0810 42 02 42, coût d’un appel local
  • https://www.stop-arthrose.org : site officiel de l’AFLAR sur l’arthrose.
  • Émilie Gilmer
  • Crédit photo : Getty Images

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