L’indice de masse corporelle, une alerte sur les risques liés au surpoids et à l’obésité

L’indice de masse corporelle est un indicateur de corpulence. Il informe de possibles excédents ou insuffisances pondéraux. Toutefois, il ne détaille pas la composition corporelle de l’organisme et doit s’accompagner pour sa compréhension d’autres données comme le tour de taille ou un bilan sanguin.

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L’Indice de masse corporelle (IMC) est une valeur qui renseigne sur la corpulence d’une personne. Il s’obtient en effectuant la division du poids en kilos par le carré de la taille en mètre. L’IMC alerte sur les risques pour la santé consécutifs au surpoids, à l’obésité ou à l’insuffisance pondérale. « Plus cet IMC est bas ou élevé, plus le risque est important », observe le professeur Antoine Avignon*, chef du service nutrition diabète au CHU de Montpellier.

L’IMC fonctionne par paliers. Quand il est en dessous de 18,5, c’est un signe de maigreur. Lorsque l’IMC se situe entre 18,5 et 24,9, la corpulence du sujet est jugée normale. On est en surpoids entre 25 et 29,9. En obésité de grade 1, dite modérée, de 30 à 34,9. En obésité de grade 2, c’est-à-dire sévère, si le résultat va de 35 à 39,9. Au-delà de 40 kg, cette obésité est considérée comme très sévère.

Des chiffres à ne pas prendre à la lettre

L’IMC est initialement conçu pour les adultes, quels que soient le sexe et l’âge. La corpulence de l’enfant, l’évolution de son poids s’observent via la courbe de croissance notée sur le carnet de santé. « Quand on naît, on est assez gras, ensuite moins. Puis autour de 6 ans, on a un rebond d’adiposité. S’il survient avant, on parle de rebond précoce. » Plus ce rebond intervient tôt, plus le risque d’obésité à l’âge adulte est élevé.

L’IMC est avant tout un indicateur et non une donnée absolue. Les chiffres délivrés ne doivent pas être pris à la lettre comme le souligne le docteur Antoine Avignon : « On ne peut pas se contenter de cette seule valeur. En effet, si la personne est musclée, l’IMC peut monter jusqu’à 28, voire 30, sans qu’il y ait nécessairement de risque pour la santé. »

L’IMC ne détaille pas la composition corporelle de l’organisme. Il ne tient pas compte de la répartition des masses graisseuse, osseuse et musculaire. Il ne fait que donner des repères « sur lesquels il ne faut pas se focaliser ».

Un profil métabolique plus complet s’impose

Le mode de vie (actif, sportif, sédentaire…), les activités pratiquées, l’évolution du poids, le terrain génétique sont à prendre en compte… « Lorsque vous êtes en présence d’une personne dont l’IMC est en dessous de 18,5, il est bon de savoir, entre autres, comment est constitué le reste de la famille, si la maigreur est une constante… »

D’autres facteurs sont donc nécessaires pour mieux comprendre le rendu de l’IMC. Le tour de taille, par exemple. « Il donne une idée de la répartition des graisses. Si elle est viscérale, c’est-à-dire abdominale, ou sous-cutanée », poursuit le nutritionniste. « La première est toxique sur le plan de la santé d’un point de vue métabolique et cardiaque notamment. »

Un profil métabolique plus complet s’impose pour apprécier s’il y a un risque pour la santé lié à l’excédent ou l’insuffisance pondéral(e). « Il faut en savoir davantage sur la glycémie, les triglycérides, le cholestérol, la pression artérielle… »

La dictature du poids, « l’obsession sociétale de la minceur » ne doivent pas amener à une interprétation stricte des résultats de l’IMC, quels qu’ils soient. « On ne doit pas dire : ‘‘Je suis à 27. Il faut que je maigrisse vite’’ ! » Cela doit pousser à prendre en compte d’autres éléments avant d’agir et à consulter son médecin ».

La prime au poids

La médecine n’est pas à l’origine de l’indice de masse corporelle, reconnu en 1997 par l’OMS comme l’outil standard pour évaluer les risques liés au surpoids chez l’adulte. On doit ce mode de calcul au mathématicien et statisticien belge Lambert Adolphe Quételet, qui officiait au XIXe siècle. Dès les années 1940, l’excès de poids intéresse fortement les compagnies d’assurances américaines qui en font un outil essentiel à leur travail. « Il leur permettait de déterminer les primes à payer par l’assuré en fonction de son poids », confie le professeur Antoine Avignon. Un indicateur du risque d’accident cardio-vasculaire qui faisait varier du simple au double la somme à débourser.

*Antoine Avignon est également professeur de nutrition à la Faculté de médecine de Montpellier. Par ailleurs, il est le cofondateur d’Aviitam, plateforme gratuite d’accompagnement du parcours de soins des personnes qui souffrent d’une maladie chronique.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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