Maladie de Lyme : comment la détecter et quels sont les traitements ?

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La maladie de Lyme est provoquée par la piqûre d’une tique infectée par une bactérie. Elle peut être sans symptôme dans certains cas, invalidante dans d’autres et parfois difficile à diagnostiquer.

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La maladie de Lyme, aussi appelée borréliose de Lyme, est une pathologie infectieuse encore méconnue du grand public. Dans le cadre de l’enquête Baromètre Santé, pilotée par Santé Publique France en 2016, plus de 35 % des Français indiquaient ne pas en avoir entendu parler. Cependant, un quart d’entre eux admettait avoir été piqué au moins une fois par une tique.

Cet acarien, qui se nourrit principalement du sang des animaux peu mobiles, est à l’origine de la maladie de Lyme. Du moins, lorsqu’il est infecté par une bactérie de la famille des spirochètes* et qu’il délaisse ses proies animales pour l’homme. « L’être humain est un hôte accidentel pour la tique Ixodes**, que l’on trouve dans les climats tempérés d’Europe ou des États-Unis », observe le docteur Alice Raffetin, infectiologue responsable du centre référent de la maladie de Lyme de l’hôpital intercommunal Villeneuve-Saint-Georges qui couvre l’Île-de-France et les Hauts-de-France.

La probabilité de développer la borréliose de Lyme est donc assez faible. Toutefois, ce n’est pas une maladie rare car l’exposition des humains aux tiques est fréquente et le parasite prolifère en France. On peut le rencontrer en zones boisées, humides, dans les herbes hautes, dans les jardins et les parcs forestiers, urbains… « Santé Publique France indiquait en 2018 que l’incidence était de 104 cas pour 100 000 habitants », souligne le docteur Alice Raffetin.

Comment éviter les piqûres des tiques ?

Pour se protéger des tiques lors d’activités ludiques ou professionnelles en forêts, en prairies ou autres jardins, il est conseillé d’adopter certaines habitudes :

  • Emprunter des chemins tracés sans végétation dense et haute.
  • Se couvrir de vêtements à manches et jambes longues, avec les chevilles protégées par les chaussettes remontées. Les vêtements doivent être clairs pour mieux repérer les tiques.
  • Se munir de répulsifs à base de DEET ou IR3535, que l’on trouve en spray en pharmacie.
  • Inspecter son corps minutieusement de retour des activités présentant un risque d’exposition aux tiques : plis cutanés, arrière des genoux, des oreilles, aisselles, cuir chevelu, etc.
  • Enlever toute tique trouvée à l’aide d’un tire-tique, en vente en pharmacie.
  • En cas de piqûre de tique, ne pas prendre d’antibiotique et surveiller dans le mois suivant l’apparition d’un érythème migrant au niveau de la piqûre. Si c’est le cas, consulter son médecin traitant.

La maladie de Lyme a trois formes différentes plus au moins graves

Chaque année, en France, environ 50 000 cas de maladie de Lyme sont diagnostiqués en médecine générale. Ce nombre a tendance à augmenter depuis 2009. « On ne sent pas la piqûre en général car la salive de la tique est anesthésiante », explique l’infectiologue.

  • La majorité des cas se manifeste sous forme d’érythème migrant : une tâche rouge centrée sur le point de piqûre, qui se dessine de 3 à 30 jours après le contact avec la tique infectée. « On parle alors de stade précoce de la borréliose de Lyme. C’est indolore et ça disparaît seul en quelques semaines ou avec des antibiotiques en 10 ou 15 jours ».
  • « On peut aussi se trouver face à une forme disséminée de la maladie » qui survient plusieurs jours à plusieurs semaines après que la tique a sévi, avec des signes cliniques à distance du point de piqûre. Les symptômes peuvent être cutanés, neurologiques… « Cela se caractérise par exemple par une paralysie faciale ou une sciatique aiguë atypique », poursuit le docteur Alice Raffetin. Des antibiotiques sont alors prescrits.
  • Le patient peut être atteint d’une borréliose de Lyme tardive disséminée, qui se manifeste plusieurs mois après la piqûre de la tique infectée. Cette forme de la maladie peut être très invalidante, générant de fortes douleurs articulaires comme neurologiques ou cutanées. « La forme tardive se constate quand la forme précoce localisée est passée inaperçue soit parce que le diagnostic n’a pas été fait soit parce que le patient n’a pas consulté du fait de l’absence de douleur ou de notification de l’érythème. »

La maladie sous-diagnostiquée dans sa forme tardive faute de formation des médecins

Cette forme plus sévère se traite également par antibiotiques. La guérison est plus longue. « Dans tous les cas, on prescrit de la Doxycycline entre 14 et 28 jours selon les atteintes. On peut aussi avoir recours pour les formes tardives à un autre antibiotique, la Ceftriaxone, administré par intraveineuse », ajoute la responsable du centre de référence de la maladie de Lyme. Il n’existe pas de vaccin pour se protéger et lutter contre la borréliose. Elle ne se transmet pas de personne à personne et n’est pas mortelle.

Le docteur Alice Raffetin reconnaît que tout l’enjeu de la maladie de Lyme repose sur une bonne prévention et une prise en charge efficace. Cela n’est pas toujours le cas, ce qui explique nombre d’errances médicales, de souffrances et d’incompréhensions chez certains patients. « La borréliose de Lyme a des symptômes très typiques qui ne devraient pas poser de problèmes de diagnostic. Mais des signes moins spécifiques peuvent y être associés et brouillent le tableau clinique. Les médecins peuvent alors rater l’étape cruciale du diagnostic. »

Les tests sérologiques de dépistages ont aussi leur complexité qui ne facilite pas le diagnostic. C’est pourquoi l’infectiologue rappelle combien il est important de diriger le patient, en cas de doute, vers les centres référents et labellisés***. Dans celui qu’elle encadre dans le Val-de-Marne, des formations sont prodiguées aux médecins ainsi qu’aux vétérinaires. « Nous les incitons à collaborer pour mieux appréhender la maladie de Lyme ».

*Ce sont des microbes faits d’une seule cellule, en forme d’hélice, très mobiles. Il en existe diverses familles dont les borrélioses, responsables de la maladie de Lyme.

**C’est une espèce de tiques, à corps dur et en augmentation depuis quelques années, qui joue un rôle majeur dans la transmission de certaines maladies.

***Les 5 centres de référence pour la prise en charge des maladies vectorielles à tiques (CRMVT) sont : les CHU de Marseille, Rennes, Clermont-Ferrand (avec celui de St Etienne), le CHU de Strasbourg (avec celui de Nancy), le Groupe hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (avec le CHU de Créteil).

  • Patricia Guipponi
  • Crédit photo : Adobe stock

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