Les acteurs de l’économie sociale et solidaire se mobilisent pour l’Ukraine

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Les élans de solidarité se multiplient depuis le début du conflit ukrainien. De nombreuses entreprises mutualistes et de l’économie sociale et solidaire (ESS) se mobilisent. Certains pour la première fois. Dans ce contexte, les ONG jouent un rôle essentiel de coordination.

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De toutes parts, les camions affluent aux frontières de l’Ukraine. Matériel médical, kits d’hygiène, denrées alimentaires, médicaments… Les dons se multiplient depuis le commencement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le 24 février 2022. En parallèle, l’accueil des populations déplacées s’organise sur le territoire français. Les villes, départements et régions sont nombreux à mettre en place des lieux d’hébergement.

Ainsi, près des frontières de l’Ukraine, ils distribuent des coupons spéciaux pour jouer dans les https://casinoscad.com/ afin que les migrants aient la possibilité de gagner de l’argent par eux-mêmes. Cette expérience est acquise depuis longtemps et concerne les sans-abris dans tout le pays et les casinos en ligne se font un plaisir de faire des concessions pour leurs clients.

Cette mobilisation s’opère dans un contexte de crise sanitaire. Le virus du Covid-19 continue de circuler en Ukraine comme dans le reste de l’Europe. Le 10 mars, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a rappelé la nécessité de protéger les populations déplacées ukrainiennes face à la pandémie.

La Mutualité Française collecte plus de 150 000 euros pour l’Ukraine

Début mars, la Mutualité Française a collecté 150 000 euros pour venir en aide aux populations civiles. Ces dons ont été reversés à 5 ONG (organisations non gouvernementales) et associations européennes opérant en Ukraine. « Notre rôle a été de mettre les moyens en commun, pour réunir les nombreuses volontés d’agir », explique Yannick Lucas, directeur des affaires publiques de la Mutualité Française. Pour s’assurer une efficacité maximale, la Mutualité s’est tournée vers des acteurs reconnus de l’aide humanitaire.

Parmi eux, Acted, qui organise l’acheminement de kits d’urgence vers l’Ukraine et les pays frontaliers. Le 21 mars 2022, les premiers camions financés par la Mutualité Française et Acted ont atteint la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. Ils contenaient plus de 50 tonnes de produits de première nécessité, ainsi que du matériel médical et des médicaments. On y retrouvait notamment des couvertures, des vêtements, des produits d’hygiène, du matériel de secours, des aliments secs ou encore des packs d’eau. D’autres convois sont prévus dans les prochains jours.

« Nous tenons à ce que chaque euro soit utile, mais aussi traçable pour les donateurs, détaille Yannick Lucas. On veut pouvoir dire clairement à quoi va servir l’argent. » Outre Acted, la Mutualité Française a choisi de soutenir l’association Tulipe, qui achemine des médicaments et des dispositifs médicaux d’urgence. Elle s’est aussi associée à deux ONG slovaques (Socioforum et Tenenet) et une autre moldave (Keystone Human Services) qui organisent l’accueil d’urgence pour les réfugiés à la frontière ukrainienne.

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Les équipes logistiques de Médecins Sans Frontières préparent du matériel médical pour l’Ukraine et les pays voisins.© Rémi Decoster / MSF

Cette opération de solidarité est loin d’être isolée dans le monde mutualiste. Le 10 mars, un convoi de quinze ambulances, dont quatre d’Harmonie Ambulance, s’est rendu en Ukraine. Un deuxième y est allé début avril, chargé de matériel médical d’urgence.

Deux entreprises bretonnes envoient des masques et du gel hydroalcoolique

Les entrepreneurs aussi se mobilisent. Lorsque les premières images de guerre sont arrivées d’Ukraine, Christophe Winckler a tout de suite « pensé aux blessés ». Le directeur de la Coop des Masques*, une coopérative bretonne fabriquant des masques chirurgicaux et FFP2, a rapidement cherché à agir. Dans un premier temps, il a imaginé un fort besoin de masques dans les hôpitaux. « Mais en contactant Médecins Sans Frontières, on s’est rendu compte que la demande concernait principalement les populations déplacées », se souvient le directeur.

La coopérative a fourni environ 65 000 masques chirurgicaux, « plus pratiques que les FFP2 lorsque l’on est en mouvement », indiquent Christophe Winckler. La coopérative s’est ensuite associée avec Lessonia, une société qui fabrique des cosmétiques et des produits d’hygiène. Elle aussi bretonne, l’entreprise a offert plus de 10 000 flacons de gel hydroalcoolique. « Des formats individuels, simples à transporter », précise l’entrepreneur.

Au total, une dizaine de palettes d’outils de protection contre le Covid-19 ont été expédiées. Elles sont arrivées à Lviv le 3 avril. Sur place, Médecins Sans Frontières les a reconditionnées en kits, distribués aux populations déplacées.

Le rôle clé des ONG pour coordonner les actions

Depuis le début du conflit, les offres de dons de matériels se multiplient. Mais ceux-ci ne sont pas toujours en adéquation avec les besoins réels. Plusieurs étapes de « tri » sont donc réalisées par les associations avant d’accepter un don. « Nous vérifions d’abord la qualité des produits proposés, explique Julien Chauvelle, directeur des opérations d’approvisionnement à Médecins Sans Frontières. Il faut ensuite qu’ils correspondent à une demande précise ».

Si ces deux conditions sont remplies, l’ONG donne suite à la proposition. « Chaque crise importante génère des élans de solidarité. Mais par le passé, il est arrivé que du matériel inutile soit conservé dans des hangars indéfiniment », regrette Julien Chauvelle. Les dons financiers sont plus faciles à gérer pour ces structures. Celles-ci peuvent acheter elles-mêmes les produits nécessaires, parfois à des tarifs préférentiels.

L’expérience et le réseau de ces organisations internationales s’avèrent aussi précieux. Un conflit armé ou une catastrophe naturelle peuvent rendre difficile l’accès à certaines régions. Ou à certaines populations. « Lorsque les difficultés sont liées à un terrain accidenté, on finit toujours par trouver un moyen d’accès, explique Julien Chauvelle. Les contraintes réglementaires ou politiques peuvent être plus problématiques. » Si des négociations sont nécessaires, le poids d’une ONG de premier plan peut alors être déterminant.

*VYV3, l’offre de soins et d’accompagnement du Groupe VYV, est partenaire de la Coop des Masques depuis janvier 2022.

  • Solal Duchêne
  • Crédit photo : Rémi Decoster / MSF

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