Une application pour aider les femmes victimes de violences

L’association Resonantes, créée par l’artiste Diariata N’Diaye, a pour but de venir en aide aux femmes victimes de violences. Elle a également lancé App-Elles®, première application permettant d'alerter rapidement ses proches ou des secours en cas de violences.

Une application pour aider les femmes victimes de violences

Artiste slameuse, auteur interprète… À 34 ans, Diariata N’Diaye est une artiste complète et engagée. Elle lutte depuis l’adolescence contre toutes les formes de violences faites aux femmes. « Je me définis comme une ″art-iviste″, j’utilise l’art pour sensibiliser les personnes et porter une cause sociale », explique-t-elle.

En 2015, elle décide de créer Resonantes, association nantaise qui vient en aide aux femmes et filles victimes de violences. « Je jouais mes spectacles de slam dans les écoles sur cette question depuis 10 ans, et j’animais des ateliers d’écriture. J’ai alors recueilli énormément de témoignages. Je me suis rendu compte que ce sujet concernait beaucoup de personnes. J’ai donc décidé de créer l’association. »

Comptant aujourd’hui six bénévoles, Resonantes s’adresse notamment à un public jeune, particulièrement touché par ce problème. « Nous avons fait le constat que les victimes qui sont prises en charge à 30-35 ans disent que les violences ont commencé lorsqu’elles étaient plus jeunes, raconte Diariata N’Diaye. Écoles, internet… Nous essayons donc de sensibiliser les jeunes à ces questions-là où ils se trouvent, et avec des outils qui leur parlent. »

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App-Elles®, première application pour aider les victimes

En parallèle de son travail sur le terrain, l’association lance en 2015 l’application numérique App-Elles®. Entièrement gratuite, elle est disponible sur Android (la version pour IPhone est en cours de développement). « C’est la première application développée pour les femmes victimes de violences », indique Diariata N’Diaye. Elle permet de prévenir rapidement trois contacts choisis en amont en leur envoyant instantanément un message d’alerte. Les contacts sélectionnés peuvent alors entendre en direct ce qui se passe et suivre la position GPS en temps réel.

« Au-delà du système d’alerte, l’application met aussi en relation avec des associations d’écoute. Elle centralise également les informations utiles et les aides possibles ». Diariata N’Diaye a conscience que cet outil n’empêche pas les violences. « Mais il permet d’être moins seul quand on y est confronté. Et il simplifie la tâche de la victime ».

Un bracelet connecté en complément

Afin de pallier le problème d’accès au téléphone lors d’une agression, l’association a récemment développé un bracelet connecté. « Nous avons réalisé qu’il n’était pas simple d’ouvrir l’application lorsqu’on est en situation de violence. Nous avons donc imaginé un bracelet connecté en complément. Un appui long permet de déclencher l’alerte », précise Diariata N’Diaye. Grâce à sa simplicité et sa discrétion, le bracelet a été adopté par de nombreuses femmes. Des joggeuses l’utilisent, ou tout simplement des femmes se trouvant dans un espace public.

Ces outils innovants ont été récompensés par de multiples prix, dont l’Innovation Award « tech for a better world »* au CES de Las Vegas, et très récemment, le grand prix Facebook contre le harcèlement. « Le bracelet coûte aujourd’hui 30 euros, indique Diariata N’Diaye, et nous aimerions qu’il puisse être vendu en boutique. Notre application est gratuite et nous souhaitons vraiment que le bracelet soit accessible au plus grand nombre. »

* Prix « Technologie pour un monde meilleur ».

À savoir

Resonantes recherche des personnes ou entreprises souhaitant financer l’achat de bracelets afin de les remettre à des associations d’aide aux victimes. Les personnes intéressées peuvent contacter directement Resonantes : contact@app-elles.fr

  • Paola Da Silva
  • Crédit photo : Getty Images

3 commentaires pour cet article

  1. michele

    Juste deux questions auxquelles à ma connaissance on ne s’adresse que très rarement, voire pas du tout:
    – si les femmes restent, c’est très souvent à cause du chantage que les services sociaux font peser sur elles (« on va placer vos enfants »…) La justice elle-même ne s’émeut pas qu’un père violent, avec des menaces de mort documentées envers sa partenaire, se voie confier ses enfants (y compris en bas âge) en garde partagée. Des hommes emprisonnés ont toujours la des droits parentaux. A quand une déchéance de l’autorité parentale systématique en cas de violences?
    – Jusqu’où les violences doivent-elles aller pour être prises en compte par un commissariat ??? Réflexions entendues « il ne vous a pas bien fait mal…/Vous n’avez rien de cassé après tout/ »etc etc.

  2. Rick

    Oui, que faire pour que le pire n’arrive pas une fois la plainte déposée ?
    Je suis dns ce cas, la police m’a dit que l’homme serait convoqué pour lui rappeler la loi. Est-ce que cela a été fait ? Que puis-je faire pour éviter qu’il ne se présente à ma porte, et m’écrase la tête contre le mur, comme il m’a menacé de faire ?
    Comment obtenir éventuellement un face à face avec police et psychologue afin que tout soit dit en présence des deux (moi et lui) et que des dispositions soient prise pour empêcher que cela se solde par un vrai drame ?

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