Covid-19 : où en est-on avec la vaccination ?

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La campagne de vaccination contre le coronavirus a débuté en France le 27 décembre 2020. À la mi-mars 2021, près de 5 millions de personnes ont reçu au moins une dose d’un des trois vaccins autorisés. Quels sont-ils ? Quels sont les risques ? Quel est le calendrier prévu ?

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Quels sont les vaccins administrés en France ?

Le 24 décembre 2020, le vaccin américano-allemand Pfizer-BioNTech a été le premier à recevoir le feu vert des autorités sanitaires françaises. Son taux d’efficacité contre le Covid-19 est de 95 %. Il nécessite deux injections effectuées à 21 jours d’intervalle au plus tard. C’est un vaccin à ARN messager, c’est-à-dire qu’il force les cellules humaines à produire une partie du virus Sars-CoV-2 pour entraîner l’organisme à se défendre.

Le second vaccin est l’américain Moderna à ARN messager comme le Pfizer. Il a été autorisé en France le 8 janvier 2021. Son taux d’efficacité contre le Sars-CoV-2 est de 94 %. Deux doses doivent être administrées au patient à 28 jours d’intervalle maximum.

Le troisième vaccin, AstraZeneca, mis au point par le laboratoire britannique du même nom et l’Université d’Oxford, est en circulation depuis le 2 février 2021. C’est un vaccin à vecteur viral, c’est-à-dire qu’un virus vivant, rendu inoffensif pour l’homme, est utilisé pour véhiculer une partie de l’ADN du Covid-19 dans les cellules et déclencher une réponse immunitaire. Son efficacité est de 79 %. Un délai de 9 à 12 semaines doit être observé entre chaque injection.

Un quatrième vaccin à partir de mi-avril

Quels sont les effets secondaires de ces vaccins ?

Ces vaccins peuvent engendrer des douleurs ou des rougeurs autour de la zone de piqûre. Un peu de fièvre, des courbatures… Le dispositif de pharmacovigilance a fait remonter des cas d’événements thromboemboliques et hémorragiques, possiblement à la suite d’injections d’AstraZeneca. Le 15 mars dernier, la France a décidé de suspendre temporairement son utilisation.

A la suite d’un avis favorable rendu par l’Agence européenne du médicament, appuyé par celui de la Haute autorité de santé (HAS), la Direction générale de la santé a fixé la reprise de la vaccination avec l’AstraZeneca au 19 mars. Toutefois, la HAS ne le recommande que pour les personnes âgées de 55 ans et plus, dans l’attente d’autres données pour en étendre l’utilisation.

D’autres vaccins vont-ils arriver sur le marché ?

Un quatrième vaccin a été validé par la HAS le 12 mars. Il s’agit du Janssen du groupe américain Johnson & Johnson. C’est un vaccin à vecteur viral comme l’AstraZeneca. Il garantit une protection fiable à 85 % contre les formes graves du Covid-19 et ne nécessite qu’une injection. Il devrait être disponible en France mi-avril.

L’État espère 30 millions de Français vaccinés d’ici l’été

Qui peut se faire vacciner ?

A la mi-mars 2021, près de 5 millions de Français ont reçu au moins une dose de vaccin. Les premières injections ont été administrées fin décembre 2020 aux résidents et personnels des Ehpad et aux personnes handicapées vulnérables, hébergées dans les maisons d’accueil spécialisées et les foyers d’accueil médicalisés. Depuis le 18 janvier 2021, la vaccination est ouverte aux personnes de plus de 75 ans et aux personnes vulnérables à haut risque (insuffisances rénales chroniques sévères, cancer sous traitement…).

Le 6 février, se sont rajoutés l’ensemble des professionnels de santé et du secteur médico-social, les aides à domicile qui travaillent auprès de personnes vulnérables et les pompiers.

Dans les prochains jours, devrait débuter la vaccination des personnes de plus de 65 ans. A partir de la mi-avril, ce sera le tour des plus de 50 ans. Tout dépendra des délais de livraison des doses et de leur quantité. Le gouvernement espère que 30 millions de Français seront vaccinés d’ici l’été.

Toutes les informations sur les centres de vaccination se trouvent sur le site sante.fr ou par téléphone au 0 800 009 110 (appel et service gratuit).

Dans un avis du 11 février 2021, la HAS recommande de vacciner les personnes qui ont eu le Covid-19 six mois après la maladie, et de ne faire qu’une dose de vaccin, sauf pour les personnes immunodéprimées (personnes dont les défenses immunitaires sont amoindries).

Les vaccins contre le Covid-19 sont gratuits, pris en charge par l’Etat qui a budgété 1,5 Md€ à cet effet pour 2021. Se faire vacciner n’est pas une obligation.

Les pharmaciens formés vaccinent depuis le 15 mars

Qui peut vacciner et où le faire ?

Avant l’arrivée de l’AstraZeneca, seuls les centres de vaccination et les hôpitaux étaient habilités à vacciner pour des raisons de logistique. Les vaccins à ARN messager doivent être conservés à très basse température (moins 80°C pour le Pfizer et moins 20°C pour le Moderna).

L’AstraZeneca peut être conservé durant trois mois dans un réfrigérateur standard. De ce fait, il permet la vaccination dans les cabinets médicaux de ville, dans les locaux de la médecine du travail, et, depuis le 15 mars, dans les pharmacies où le personnel est formé. Il en sera de même pour le vaccin Janssen.

Quelle est la durée de l’immunité des vaccins ?

Le manque de recul ne permet pas de donner de réponse précise. Les vaccins protégeraient au moins six à huit mois. Interrogée par nos soins en janvier dernier, l’infectiologue Elisabeth Bouvet, présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS, confiait : « On espère que c’est plutôt autour d’un à deux ans ».

Qu’entend-on par « passeport vaccinal » ?

Certains pays envisagent la mise en place d’un passeport vaccinal. Ce sésame permettrait aux personnes vaccinées ou en mesure de présenter un test PCR négatif de circuler librement. L’Islande fait partie des rares pays qui l’ont déjà adopté.

Ce passeport fait l’objet de discussions au sein de l’Union européenne, qui l’envisage sous forme électronique ou papier pour ceux qui ne sont pas familiarisés au numérique. Gratuit et doté d’un QR code, il pourrait être opérationnel en juin.

En France, ce passeport divise. Le Conseil économique, social et environnemental a ouvert une consultation en ligne pour recueillir l’avis des Français. 67 % des votants se disent défavorables.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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