La ménopause, une étape clé dans la vie des femmes

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Bouffées de chaleurs, prise de poids, ostéoporose riment pour beaucoup avec ménopause. Ce moment clé de la vie d’une femme, qui correspond à l’arrêt du fonctionnement ovarien, ne doit pas être pris à la légère.

Ménopause

L’âge de la ménopause dépend de l’âge des premières règles

Faux. Il n’est pas possible de prévoir l’âge de la ménopause. L’âge des premières règles ou bien encore la prise de pilule ne l’influencent pas. Cependant, des facteurs génétiques ou une prédisposition familiale peuvent conditionner le début de la ménopause. À noter que le tabagisme a une incidence sur l’âge de la ménopause. Une femme fumant beaucoup et depuis longtemps risque d’être ménopausée une ou deux années plus tôt. « Autant au cours du dernier siècle, l’âge de la puberté s’est avancé, autant celui de la ménopause est resté stable, 51 ans en moyenne France », explique le Pr Florence Trémollières, directrice du centre de ménopause à Toulouse.

Il existe des signes de périménopause

Vrai. La périménopause est une période de transition durant laquelle les ovaires ne fonctionnent plus aussi bien qu’avant. Elle peut se traduire par des cycles irréguliers et l’apparition de symptômes qui reflètent les variations de l’activité ovarienne. Des bouffées de chaleur peuvent être observées ou des douleurs mammaires ou pelviennes avant les règles. « On peut parler de trois périodes chez la femme : une période normale d’activité génitale, une période de transition avec la périménopause et enfin la ménopause est installée après une année sans règle », précise le Pr Florence Trémollières. En moyenne, la périménopause survient vers 47 ans et dure environ 4 à 5 ans*.

On grossit à la ménopause

Faux. La ménopause n’est pas obligatoirement synonyme de prise de poids. Tout au long de la vie, que l’on soit un homme ou une femme, on prend du poids et plus particulièrement après 40 ans. Car la masse musculaire diminue tandis que la masse grasse augmente. « La ménopause modifie la répartition des masses grasses. Une femme ménopausée, même si elle ne prend pas de poids, va avoir quasiment automatiquement une augmentation de son tour de taille. Il y a une migration des graisses des cuisses vers le ventre », indique le Pr Florence Trémollières. Il lui est donc conseillé d’augmenter son niveau d’activité physique et d’être attentive à l’apport calorique, notamment en limitant la consommation de sucre.

L’ostéoporose est fréquente chez la femme ménopausée

Vrai. La carence en œstrogène impacte tous les tissus et notamment le tissu osseux. « On a une accélération de la perte osseuse dès le début de l’arrêt des règles. « À 50 ans, chez la femme, le risque cumulé de faire une fracture d’ici la fin de sa vie est de l’ordre de 30 % », explique le Pr Florence Trémollières. Le dépistage est primordial car on ne connaît pas son capital osseux si on ne le mesure pas, ce qui peut être fait grâce à l’ostéodensitométrie, un examen d’imagerie médicale. « Être maigre, fumer ou avoir une mère ayant de l’ostéoporose sont, en début de ménopause, des facteurs de risque d’une densité osseuse plus basse que la normale », ajoute le Pr Florence Trémollières.

Un traitement hormonal soulage les bouffées de chaleur

Vrai. Un traitement hormonal de la ménopause (THM) diminue, dans la grande majorité des cas, la fréquence et l’intensité des bouffées de chaleur. « Le THM est nécessaire pour les femmes qui en ont besoin : celles qui ont des troubles de la ménopause qui compromettent leur qualité de vie et celles qui ont un risque d’ostéoporose. C’est un traitement personnalisé et adapté aux besoins de chaque femme. Il est contre-indiqué pour les femmes ayant eu un cancer du sein et celles souffrant de maladies cardiovasculaires », précise le Pr Florence Trémollières.
La prescription doit se faire après une évaluation de la balance bénéfices/risques. « Le THM tel que nous l’utilisons en France (avec les hormones physiologiques de la femme, estradiol et progestérone) n’est pas associé à une augmentation du risque de cancer du sein pour des durées de traitement de l’ordre de 5 ans. Au-delà, il existe un petit sur-risque qui doit également prendre en compte le profil de chaque femme et ses facteurs de risque de cancer du sein. Pratiquement tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il ne crée pas le cancer mais qu’il peut faciliter un cancer déjà en cours de formation », précise le GEMVi.

* Les femmes ménopausées : recommandations pour la pratique clinique du CNGOF et du GEMVi (2021)

Point de vue :

Pr Florence Trémollières, médecin endocrinologue, responsable du centre de ménopause au CHU de Toulouse et présidente du GEMVi

Pr Florence Trémollières
Crédit : DR

« Chaque femme devrait bénéficier d’une consultation dédiée au moment de la ménopause »

« Les mentalités doivent changer sur la ménopause, qui est encore un sujet tabou. C’est un point d’étape dans la vie d’une femme. L’occasion de refaire le point sur son hygiène de vie (alimentation, activité physique, arrêt du tabac), son état de santé, rechercher ses facteurs de risque. Chaque femme devrait ainsi bénéficier d’une consultation dédiée, au moment de la ménopause, pour répondre à ses demandes lorsque la carence hormonale impacte sa qualité de vie et son confort (bouffées de chaleur, troubles du sommeil et de l’humeur, douleurs ostéoarticulaires, sécheresse vaginale…). Cela permettrait également d’identifier les femmes qui pourraient avoir besoin d’un THM pour limiter l’impact négatif de la carence hormonale sur leur santé. L’objectif serait de mettre en œuvre une véritable démarche de prévention sans attendre la survenue des complications. On essaie de promouvoir cette prévention depuis plus de 40 ans. Car une fois qu’on a développé l’ostéoporose, par exemple, aucun médicament ne permet de la guérir. Sans oublier que la carence œstrogénique peut aggraver, chez certaines femmes, le risque de faire un accident cardiovasculaire (infarctus du myocarde, AVC…) et faire émerger différents facteurs de risque : cholestérol, hypertension, évolution vers le diabète… »

 

  • Crédit photo : Getty images
Auteur article
Cécile Fratellini

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (handicap, prévention, maladies…)

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