Qu’est-ce que l’activité physique adaptée ?

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Prescrite sur ordonnance, l’activité physique adaptée (APA) est devenue incontournable dans la prise en charge des maladies chroniques. Quels sont ses bienfaits sur la santé ? Comment la pratiquer ? Tour d’horizon.

L'activité physique adaptée

Le sport, un nouveau médicament ? Depuis mars 2017, les patients reconnus en affection de longue durée (ALD) peuvent se faire prescrire une activité physique adaptée (APA) sur ordonnance. L’activité physique adaptée est apparue au Québec dans les années 70. Elle est aujourd’hui recommandée dans la prévention et le traitement de nombreuses maladies chroniques. Dans certains cas, elle contribue aussi à prévenir la récidive du cancer et à mieux en supporter les traitements.

Qu’est-ce que l’activité physique adaptée ?

L’activité physique adaptée, appelée aussi « sport santé », regroupe l’ensemble des pratiques physiques et sportives qui tiennent compte des capacités de l’individu. Elle se base sur la motivation et les besoins spécifiques de toute personne qui ne peut pas pratiquer dans des conditions ordinaires. La démarche commence par une évaluation de la condition physique. La force, l’endurance, la souplesse, l’équilibre et l’état de santé général du participant sont ainsi mesurés lors d’un bilan complet. Il peut être effectué par un médecin ou un professionnel formé à l’activité physique adaptée.

« Le mot important est “adapté“, estime le docteur Martine Duclos, chef du service de médecine du sport au CHU de Clermont-Auvergne. Il faut aussi tenir compte des traitements et des symptômes du patient liés à sa pathologie ». Par exemple, une personne en phase de chimiothérapie pourra présenter une fatigue très importante. Ces éléments peuvent varier d’une séance à l’autre et sont réévalués de façon continue.

Qui peut la pratiquer ?

Tout adulte ou enfant souffrant d’une pathologie chronique ou vivant avec un handicap est éligible à l’activité physique adaptée. C’est aussi le cas des personnes atteintes d’hypertension, de surpoids ou d’obésité, et présentant des facteurs de risque de développer une maladie cardiovasculaire ou un diabète. « Il n’y a pas de limitation, même pour les personnes âgées, poursuit Martine Duclos. Lorsqu’il y a un risque de fragilité ou après une chute, l’activité physique adaptée est indiquée. »

Dans le cas du handicap, en l’absence de pathologie associée, on parlera de sport adapté. « Le handicap ne veux pas dire maladie, rappelle Martine Duclos. On peut avoir un handicap visuel, auditif ou mental qui nécessite simplement d’adapter la pratique d’un sport. » Pour le médecin, l’activité physique adaptée sera nécessaire si le handicap s’accompagne d’une autre pathologie.

Où peut-on pratiquer une activité physique adaptée ?

On peut la pratiquer dans des structures proposant un encadrement sportif habilité, comme les centres hospitaliers publics et privés, et les maisons sport-santé. Depuis 2020, 436 de ces établissements ont vu le jour en France. Labellisées et financées par l’Etat, elles permettent de renouer avec la pratique sportive dans un cadre sécurisé. L’activité physique adaptée est systématiquement effectuée sous la supervision d’un professionnel.

Les coûts liés à l’APA ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale. Toutefois, des solutions de prise en charge partielle ou totale peuvent être proposées par les mutuelles, l’Etat, certains territoires et villes.

L’activité physique se pratique se pratique aussi bien en salle qu’en extérieur.
Crédit photo : CHU Clermont-Ferrand

Quels sont les bienfaits sur la santé ?

Les APA sont dispensées dans un but à la fois préventif, thérapeutique et éducatif. Elles préviennent l’apparition ou l’aggravation de maladies, améliorent la qualité de vie et favorisent l’autonomie. La pratique d’une activité physique adaptée, en collectivité, peut aussi encourager la réinsertion sociale. « On mesure une baisse de la mortalité précoce de 30 % à 60 % pour les maladies cardiovasculaires, souligne Martine Duclos. Ainsi qu’une réduction de 25 % du risque de survenue des sept cancers les plus fréquents ». A ce chiffre s’ajoute une diminution des récidives et de la mortalité, ainsi qu’une meilleure tolérance des traitements comme la chimiothérapie.

D’après le Dr Duclos, l’activité physique adaptée entraînerait aussi une baisse de l’apparition de maladies neurodégénératives telles que les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer, ou encore de diabète de type 2. « On observe une réduction des effets secondaires de certains traitements, de la douleur et de la dépression et une amélioration globale de la qualité de vie », poursuit-elle.

Qui peut enseigner l’activité physique adaptée ?

Deux formations existent pour enseigner ces pratiques à des personnes souffrant d’une maladie chronique ou d’un handicap. La première est une formation aux Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) orientée APA (Activité physique adaptée), avec au minimum un niveau licence.

Une formation de kinésithérapeute donne aussi le droit de dispenser ces pratiques. Selon les limitations fonctionnelles des patients, les séances peuvent aussi être assurées par des psychomotriciens, des ergothérapeutes, des éducateurs sportifs ou des bénévoles intervenants dans des clubs sportifs. « Un large champ de connaissances est nécessaire, observe le docteur Duclos. Il faut maîtriser le métabolisme, la physiologie musculaire et cardiaque, les caractéristiques de l’activité physique, sans oublier le fonctionnement des pathologies ».

Comment se déroulent les séances ?

Le socle commun est constitué d’une première phase d’échauffement, puis d’exercices d’endurance et de renforcement musculaire. « On peut se servir de poids, de bandes élastiques ou simplement travailler au poids du corps, explique le docteur Duclos. Les séances sont aussi variées que possible, car la notion de plaisir est importante. » Vélo d’appartement, rameur ou tapis de course peuvent aussi être utilisés, selon les aptitudes des participants. Les séances s’achèvent par de la récupération active, des étirements, des exercices d’équilibre et de coordination. La durée totale de chaque session excède rarement 1 heure.

La pédagogie tient une place importante au cours de ces séances d’activité physique adaptée. Celles-ci sont complétées par de l’éducation thérapeutique à l’activité physique. « A la fin de chaque pratique, le patient évalue son essoufflement, sa fatigue, éventuellement son rythme cardiaque. On lui apprend ainsi à reconnaître les sensations d’une « bonne séance » pour lui, en termes de durée et d’intensité », détaille Martine Duclos.

 

Pour trouver des cours d’activité physique adaptée près de chez soi :

 

  • Solal Duchêne
  • Crédit photo : Getty Image

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