Sport santé : les bienfaits de l’activité physique à la portée de tous

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De nombreuses fédérations sportives ont créé des programmes « santé » conçus pour les personnes âgées, sédentaires ou atteintes de pathologies diverses. Quelle que soit votre condition physique, vous pouvez ainsi pratiquer du basket, du tennis, du ping-pong ou encore du rugby en toute sécurité. Une façon de profiter de tous les bénéfices de ces activités…

sport santé tennis

Les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années : la sédentarité est un des fléaux de notre époque. D’après l’Organisation mondiale de la santé, jusqu’à 5 millions de décès par an pourraient être évités si la population mondiale était plus active. Une récente étude parue dans le British Journal of Sports Medicine et menée sur plus de 48 000 patients montre même que la sédentarité accroît les risques liés au virus du Covid-19. Les personnes physiquement inactives seraient plus susceptibles d’être hospitalisées, de nécessiter des soins intensifs et de décéder.

Encouragées par les pouvoirs publics (le Plan National Sport Santé Bien-Être, lancé en 2012, a permis de valoriser les activités physiques comme facteur de santé), les fédérations sportives se sont mobilisées ces dernières années pour proposer de nouveaux dispositifs. Leur objectif ? Toucher les personnes éloignées du sport ainsi que les malades atteints de pathologies chroniques. Depuis 2016, les médecins sont en effet autorisés à prescrire du sport sur ordonnance.

Ces programmes, adaptés et encadrés, permettent au plus grand nombre de profiter des bienfaits de tous types d’activités. Car le « sport santé » est loin de se résumer à la marche ou à la natation ! Tour d’horizon de quelques disciplines qui pourraient vous convenir.

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© FFBB

Du basket pour retrouver de la mobilité

Utiliser le basket comme un « outil » au service de l’amélioration de la condition physique et mentale de ses pratiquants : telle est la philosophie du « Basket Santé ». « Les principes du basket restent les mêmes, mais nous avons ‘disséqué’ l’activité pour qu’elle puisse faire travailler les capacités motrices et intellectuelles des participants, le tout en s’amusant », explique Jackie Blanc-Gonnet, responsable du service Vivre ensemble à la Fédération française de basket et conceptrice de ce programme adapté. « Certains jeux de ballon ont ainsi été pensés pour stimuler la mémoire ou l’anticipation. À travers des gestes comme le dribble ou les passes, on agit également sur la souplesse, la mobilité et l’amplitude articulaire. »

La pratique, proposée dans quelque 150 clubs en France, s’adresse à tous, du quadragénaire souhaitant se remettre en forme à la personne âgée dépendante en passant par les publics atteints de maladies chroniques (diabète, problèmes cardiaques) ou de cancers.

« Nous avons ainsi une dame de 99 ans, fervente supportrice du club de basket de Montbrison, qui est ravie de pouvoir pratiquer le sport qu’elle adore ! raconte Jackie Blanc-Gonnet. Le Basket Santé peut se jouer debout, assis, couché, en courant ou en marchant, dans un gymnase ou un EHPAD. La discipline se décline en trois niveaux selon la mobilité des joueurs et nous adaptons les déplacements et le matériel (balles plus grosses et en mousse, cibles abaissées) en fonction des capacités des personnes. »

Cette activité bienveillante, sans compétition ni recherche de performance, a d’ailleurs fait ses preuves. Une étude publiée en 2019 montre ainsi que la participation, pendant une saison, à une session de Basket Santé permet une amélioration globale de la condition physique. « C’est le collectif qui fait progresser, fait remarquer Jackie Blanc-Gonnet. Quand on vous dit ‘faites 10 aller-retours’, ce n’est pas drôle. Mais si vous êtes en train de discuter avec quelqu’un, vous les ferez naturellement, tranquillement – et peut-être même que vous en ferez un 11e ! L’apport de l’autre nous stimule. »

Du tennis pour booster sa longévité

C’est le sport de référence en matière d’allongement de la durée de vie de ses pratiquants. D’après une étude danoise menée sur plus de 8 500 personnes, le tennis fait gagner jusqu’à 9,7 ans de plus à ses adeptes (contre 6,2 ans pour le badminton, 4,7 pour le football, 3,7 pour le cyclisme, 3,4 pour la natation et 3,2 pour le jogging). D’après une étude britannique menée sur une cohorte de 80 000 personnes, cette activité physique permet aussi de diminuer de 47 % le risque de mortalité (toutes causes confondues) et de réduire de 56 % le risque de mortalité d’origine cardiovasculaire.

« Le tennis est un sport très complet qui fait travailler l’endurance, la mobilité articulaire, la coordination, l’équilibre ainsi que la concentration, détaille Martine Bisset, médecin en charge du sport santé à la Fédération française de tennis (FFT). Qui plus est, le fait de pratiquer une activité dans un club, avec un groupe, apporte de la convivialité et de la positivité. »

Pour mettre ce sport à la portée de tous, la FFT propose depuis 2014 un programme de « Tennis Santé » qui prend la forme de séances collectives hebdomadaires rassemblant huit joueurs maximum. Grâce à un matériel spécifique et évolutif (terrains et hauteurs de filets modulables, raquettes de tailles variées, balles plus souples et plus lentes), les participants peuvent réaliser des échanges dès les premiers cours, et ce quels que soient leur âge, leur état de santé ou leurs capacités physiques.

« Quand on parle de Tennis Santé, il ne faut pas imaginer un match de Roland-Garros, dit avec humour le Dr Bisset. Nous sommes sur une pratique douce, adaptée aux contraintes de chacun, où l’effort est mesuré et où le patient est pris en compte dans l’intégralité de sa problématique. Qui plus est, les temps d’échauffement et de récupération font partie intégrante de la séance. »

Si le dispositif ciblait initialement les malades atteints de cancers, de certaines pathologies cardiaques et respiratoires, de diabète et d’obésité, ainsi que les personnes concernées par le vieillissement, il s’adresse aussi désormais aux personnes sédentaires et inactives qui souhaitent se mettre ou se remettre le sport. 214 clubs sont d’ores et déjà labellisés « Tennis Santé » et plus de 500 enseignants ont été formés à l’encadrement de ces séances.

Du rugby pour se réapproprier son corps

Quand Stéphanie Motton, chirurgienne oncologue spécialisée en cancers féminins, prescrit du rugby à ses patientes, elle évite parfois d’employer le mot. « Je parle de jeu collectif avec un ballon », sourit la fondatrice de l’association RUBieS (pour Rugby Union Bien Être Santé). Il faut dire que, quand on est gravement malade et qu’on n’a jamais été particulièrement sportive, il peut être compliqué de s’imaginer dans la peau d’une rugbywoman… « Pourtant, très rapidement, ces femmes sont fières de dire ‘je joue au rugby’, assure la praticienne. Cela devient une force, une façon de montrer qu’on va bien, qu’on s’est réapproprié son corps et sa vie. »

Depuis 2016, les RUBieS – premier club à vocation rugby santé de France, affilié à la Fédération Française de Rugby – proposent une pratique du rugby à 5 spécialement pensée pour les malades du cancer. « Le rugby est un jeu très adaptable, souligne le Dr Motton. On peut à la fois mélanger les générations et avoir dans une même équipe des gens qui courent vite et d’autres qui trottinent, sans que la dimension ludique du sport ne se perde ni que cela mette les participants en situation d’échec. Les joueurs progressent ensemble – le principe de la passe en arrière permet d’être toujours en situation de jeu – et chacun peut trouver sa place sur le terrain. »

Comme dans le rugby « classique », le but de l’exercice est d’inscrire plus d’essais que son adversaire et l’empêcher d’en marquer. Mais, dans cette version « santé » (qui se joue sur un terrain réduit), les plaquages et mêlées sont proscrits. Pour empêcher les joueurs adverses d’avancer, les défenseurs doivent réaliser un « toucher à deux mains ». « Les gens malades ou qui ont subi des traitements sont souvent repliés sur eux-mêmes, observe la professionnelle de santé. Or, le fait de devoir toucher l’adversaire les pousse à aller vers les autres et, in fine, à reprendre confiance en eux. Qui plus est, l’adrénaline du jeu permet à ceux qui ont des cicatrices dues aux opérations de moins appréhender le fait de se faire toucher. »

Et ce ne sont pas les seuls bénéfices de l’activité, qui a fait des émules partout en France – une vingtaine de sections RUBieS ont ouvert dans l’Hexagone. « Dans nos protocoles d’évaluation, nous étudions plusieurs paramètres, dont la fatigue, qui est le symptôme numéro un de l’après-cancer, indique le Dr Motton. Or, on voit qu’un certain niveau d’intensité d’activité physique – comme c’est le cas en rugby – améliore significativement ce symptôme. »

Du ping-pong pour améliorer ses capacités cognitives

Parfois, « en trois minutes », Renato Walkowiak voit les malades se transformer. « Certains arrivent bougons, fermés, mais le jeu leur redonne très vite le sourire », raconte le créateur de Ping4Alzheimer, un dispositif inédit d’accompagnement des malades Alzheimer grâce au tennis de table.

Né en 2018 au Sporting Club de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ce programme permet d’accueillir des personnes atteintes de cette pathologie neurodégénérative ainsi que leurs aidants. « Des recherches au Japon et en Angleterre ont montré que le ping-pong stimule énormément le système cognitif, explique Renato Walkowiak. C’est un sport qui donne beaucoup d’informations à gérer : la balle peut arriver vite, doucement, un peu plus haute, un peu plus basse, à droite, à gauche… C’est aussi une activité dense, qui laisse peu de temps morts. Elle a un effet hypnotisant sur les joueurs, ce qui favorise la concentration. »

Au-delà de l’activité physique, ces séances adaptées – qui passent aussi par des jeux d’équilibre et de proprioception* – misent également beaucoup sur l’accompagnement humain. « Le moment de l’accueil est très important. On prend le temps de discuter avec le malade et l’aidant, on se renseigne sur l’humeur du jour, sur la façon dont s’est passée la semaine, décrit l’encadrant. Une fois que les gens sont en confiance, ils commencent à jouer, sachant que, dans une démarche d’inclusion, ce groupe Alzheimer a été ‘greffé’ à un groupe de retraités. Nous voyons que les malades prennent beaucoup de plaisir à jouer et nous voyons leurs progrès en matière d’équilibre et d’autonomie. La pratique a aussi des effets sur le ralentissement de la maladie. »

Afin d’élargir l’expérimentation, un partenariat a été noué début 2020 entre la Fédération française de tennis de table (FFTT) et l’association France Alzheimer. L’objectif est de créer une trentaine de structures équivalentes sur tout le territoire d’ici 2022.

« Dans le cadre de notre dispositif Ping Santé, nous avons prévu de développer d’autres programmes spécifiques consacrés à la maladie de Parkinson, à l’obésité ainsi qu’aux pathologies mentales, précise Guy Tusseau, responsable de la commission Sport et santé à la FFTT. L’avantage de notre discipline c’est qu’elle permet de travailler tous les secteurs du corps de façon relativement soft – la fréquence cardiaque n’est pas trop élevée et le risque de traumatisme est faible. C’est aussi un sport accessible qui demande peu d’investissement financier, et qui peut être pratiqué même quand il pleut ! »

*La proprioception est l’ensemble des informations nerveuses transmises au cerveau permettant la régulation de la posture et des mouvements du corps.

Sport santé : trouvez l’activité qui vous convient !

De l’athlétisme au volley en passant par l’escrime, le handball ou le golf : une cinquantaine de fédérations sportives proposent des programmes « santé » adaptés aux personnes âgées, malades ou sédentaires. Ces dispositifs sont présentés sur les sites de chaque fédération ainsi que dans le Médicosport-santé. Ce « dictionnaire à visée médicale des disciplines sportives » recense les caractéristiques physiques, physiologiques et mentales de chaque activité ainsi que les conditions de pratique dans le cadre du sport santé.

Créé par la commission médicale du Comité national olympique et sportif français en coopération avec la Société française de médecine de l’exercice et du sport, ce « Vidal du sport » s’adresse aux médecins ainsi qu’à tous ceux qui souhaitent s’informer sur les bénéfices des disciplines sportives pour la santé.

  • Crédit photo : Fédération française de tennis
Auteur article
Natacha Czerwinski

journaliste spécialisée dans les sujets de société (éducation, famille, environnement, initiatives positives...)

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