Émilie Daudin raconte sa triple victoire sur le cancer du sein dans un livre

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À 33 ans, cette jeune maman et cheffe d’entreprise dynamique s’est vue diagnostiquer ce cancer du sein virulent dit « triple négatif ». Aujourd’hui en rémission, elle relate cette expérience traumatisante et enrichissante dans un livre qui vient de paraître, « Dans mon sein »*. Un témoignage intime et universel, une somme d’informations pour toutes les femmes concernées par cette maladie (environ 60 000 nouveaux cas chaque année).

Émilie Daudin
Dans mon sein
Crédit photo : DR.

Émilie Daudin est du genre à être sur tous les fronts. Cheffe d’entreprise (elle a créé sa marque de prêt-à-porter Dailie Paris), influenceuse (présente sur Instagram avec le compte @emiliebrunette, elle tient aussi le blog The Brunette), mariée, maman de deux jeunes enfants… elle a fort à faire et ne manque pas d’énergie !

Mais en 2020, la jolie brune vacille. Elle ressent une douleur persistante dans le sein, qu’elle attribue à ses montées de lait (elle vient d’avoir son deuxième enfant), puis que des sages-femmes mettent sur le compte d’une déchirure musculaire. Il faut dix mois avant que le bon diagnostic soit posé : un cancer du sein de la famille triple négatif**.

Changement physique et quotidien bouleversé par le cancer

Son sein, dans lequel se sont installées six tumeurs, est enlevé. S’ensuivent chimiothérapie et radiothérapie. « Le plus dur, au départ, c’est le changement physique. Et d’imaginer que tout le quotidien va être bouleversé sans pouvoir rien anticiper », se souvient Émilie Daudin.

Les traitements se succèdent pendant quasiment une année. Mais bon an mal an, elle parvient à conserver ses différentes activités. Elle en ajoute même une supplémentaire, l’écriture d’un livre. « Quand je suis tombée malade, je n’ai rien trouvé qui me convienne dans les rayons des libraires. C’était souvent très médical. Or, j’avais aussi besoin d’infos pratiques, d’explications émanant de personnes ayant vécu cette maladie », explique la jeune femme. Elle l’écrira donc elle-même. « Je me suis attelée à un ouvrage complet, abordant tous les sujets possibles, proposant aussi des regards autres que le mien. »

Le cancer du sein sous tous les angles

Son livre tient toutes ces promesses. Au fil de quelque 300 pages, Émilie Daudin traque toutes les dimensions de son cancer, d’abord à travers sa propre expérience. Les chapitres égrènent son parcours : l’annonce, la colère, pourquoi moi ?, les chimiothérapies, l’opération, le suivi, la reconstruction… Mais aussi les essais cliniques. « On n’en parle jamais comme si c’était hors de portée. Or ça ne l’est pas, il faut demander car c’est une véritable chance d’avoir accès à des traitements qui ne sont pas encore sur le marché », explique-t-elle à ce propos.

Un chapitre intitulé « Affronter la mort » dépasse ce tabou. « C’est compliqué. Quand on aborde le sujet avec ses proches, ils pensent qu’on est en dépression, alors que c’est juste être lucide. On sait que 12 000 femmes en décèdent chaque année – il faut arrêter de banaliser le cancer du sein. C’est donc important de se confronter à cette éventualité. Y penser et en parler m’a apaisée, m’a permis de me concentrer sur la guérison ».

Droit à l’oubli, proches, sororité…

Elle sort de la maladie en elle-même pour évoquer les à-côtés et la vie qui continue : l’allaitement, la sexualité, les amis, le boulot… Elle revient sur la féminité : « Je me suis beaucoup focalisée dessus au début. Les cheveux notamment, même si je les ai coupés court et ensuite très vite rasés. Puis cela n’a plus compté, un moment libérateur ».

Elle évoque aussi le droit à l’oubli, « passé de 10 à 5 ans. C’est important quand on est jeune de passer à autre chose mais aussi de pouvoir emprunter… » Sur l’entourage, elle encourage à « le solliciter, demander de l’aide, multiplier les ressources. Cuisiner un plat, aller chercher les enfants à la crèche ou à l’école. Le « qu’est-ce que je peux faire ? » des proches est une question géniale dont il faut s’emparer ! »

Émilie Daudin a par ailleurs interviewé différentes personnes, dont les expertises et connaissances complètent l’expérience personnelle : des oncologues, une masseuse-kinésithérapeute, un doula naturopathe, la fondatrice de l’association Rose up, à l’initiative de la loi sur le droit à l’oubli. Elle a également recueilli une dizaine de témoignages de femmes ayant traversé l’épreuve du cancer du sein.

Pour cette brune positive et endurante, la rémission est aujourd’hui au rendez-vous et la reconstruction, imminente. « Ce cancer ne m’a pas touchée pour rien », conclut-elle, forte d’un message à partager avec toutes les femmes. « N’attendez pas avant de passer des examens quand quelque chose de bizarre apparaît, reprenez le pouvoir sur votre santé ! ».

* Dans mon Sein, par Émilie Daudin, paru aux éditions Plon en octobre 2022. 1 euro par exemplaire vendu est reversé au collectif Triplettes Roses.

** On l’appelle triple négatif car trois éléments sont recherchés afin de pouvoir poser le diagnostic : les récepteurs d’œstrogène, les récepteurs de progestérone et les récepteurs de la protéine HER2. En l’absence de réponse de ces trois éléments (s’ils reviennent négatifs), on parle alors de cancer du sein triple négatif. Il représente 10 à 15 % des cancers du sein, la plupart du temps diagnostiqué chez des femmes jeunes et non ménopausées.

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Auteur article
Nathania Cahen

journaliste spécialisée dans les sujets société et économie.

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