Logo Essentiel Santé Magazine

Mois sans alcool : premier Dry January français en 2020… sans l’aide de l’État

Une quinzaine d’associations de prévention organisent pour la première fois ce défi qui consiste à ne pas boire une goutte d’alcool durant le premier mois de l’année. L’Élysée a décliné la participation gouvernementale, pourtant prévue depuis des mois.

Mois sans alcool : premier Dry January français en 2020… sans l’aide de l’État

« C’est une gifle quand on travaille depuis plusieurs mois à une campagne de prévention et que le président décide de l’arrêter la veille du lancement alors que tout est prêt… » Le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du Fonds Actions Addictions, ne décolère pas. L’opération « Dry January » ou #ledefidejanvier se fera bien en 2020, mais sans l’aide du gouvernement.

Tester le contrôle sur sa consommation

Venu de Grande-Bretagne, où il a été créé en 2013 par l’association Alcohol Change UK, le Dry January (« janvier sec ») consiste à faire une pause dans sa consommation d’alcool pendant un mois. L’objectif : « Donner du répit à votre corps (et à votre porte-monnaie) mais également faire le point sur la place qu’occupe l’alcool dans votre quotidien et votre sociabilité », explique le collectif à l’origine du projet, qui inclut des associations reconnues comme AIDES, La Ligue contre le cancer, l’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie).

« L’idée, explique Michel Reynaud, c’est de voir le contrôle qu’on a – ou pas – sur sa consommation, et pourquoi c’est si difficile dans une société où la sollicitation est permanente. » Or l’alcool fait encore 41 000 morts par an dans l’Hexagone.

Baisse de la consommation six mois après

En 2019, au Royaume-Uni, quatre millions de personnes ont relevé ce défi. Des études scientifiques ont démontré les bienfaits, à court et à long terme, d’une pause d’un mois dans la consommation d’alcool : meilleure tension artérielle, meilleure glycémie, moins de cholestérol mais aussi un sommeil de meilleure qualité, une plus belle peau et le sentiment de plus d’énergie chez les participants… sans oublier les économies. Mieux, on observe que faire « janvier sec » entraîne une baisse de la consommation générale d’alcool, même six mois après.

Depuis 2015, la campagne britannique est soutenue par Public Health England, l’équivalent de Santé Publique France, ce qui a permis d’augmenter le nombre de participants. Dans l’Hexagone, cet organisme s’était engagé en juin à lancer une campagne « Un mois sans alcool » en janvier 2020.

Lobbies de l’alcool

Mais mi-novembre, l’Anev (Association nationale des élus de la vigne et du vin) a annoncé dans un tweet : « Face à l’inquiétude des professionnels et des élus du vin, Emmanuel Macron annonce qu’il n’y aura pas de Janvier sec ». Pas de confirmation de la part de l’Élysée, quelques justifications de la part du ministère de la Santé, mais c’est un fait : aucun organisme gouvernemental n’évoque plus ce projet. Pour les experts de l’alcool comme pour les associations, ce changement est « le résultat de l’action des lobbys alcooliers auprès du Président de la République ».

Début décembre, une lettre ouverte lui a été adressée par le collectif France Assos Santé, qui compte 85 associations de malades et d’usagers de la santé, pour demander « un acte politique fort de prévention de l’alcoolisme en France » en maintenant la campagne de prévention. Pas de réponse. Contacté, Santé publique France n’a pas répondu à nos sollicitations.

Le collectif à l’origine de cette campagne a, de son côté, officiellement décidé de la maintenir, même sans le soutien financier et organisationnel public. Les associations s’appuieront sur les réseaux sociaux, leurs membres et la dynamique individuelle pour ce premier Dry January français.

#ledefidejanvier : comment participer ?

Vous pouvez suivre la campagne et y participer en vous rendant sur son site internet : www.dryjanuary.fr

  • sur Twitter : @fr_dry
  • sur Facebook : DryJanuaryFr
  • sur Instagram : dry_januaryfr
  • Pauline Hervé
  • Crédit photo : Getty Images

3 commentaires pour cet article

    1. Martine

      Au contraire, J-C, le mois de janvier, symboliquement, est tout à fait adapté. Justement, parce qu’il nous faudrait sortir de nos têtes l’association fête/alcool. On peut très bien faire la fête sans alcool, et ce n’est pas triste pour autant !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Glossaire