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Les médecines alternatives et complémentaires en 5 questions

Les médecines alternatives et complémentaires en 5 questions

Ostéopathie, homéopathie, hypnothérapie… sont quelques-unes des médecines complémentaires, utilisées par près d’un Français sur deux. Comment s’y retrouver parmi ces disciplines et comment choisir le bon praticien ? Et quelles sont les précautions à prendre ?

1. «Médecines alternatives et complémentaires» : de quoi s’agit-il ?

Ces approches et ces techniques à visée thérapeutique ne sont pas enseignées en faculté de médecine. Elles ne font donc pas officiellement partie de la médecine, bien que certaines soient utilisées à l’hôpital. C’est pourquoi en France, l’Ordre des médecins préfère les qualifier de médecines « alternatives et complémentaires » sans différencier les deux, plutôt que « naturelles » ou « douces ». Le ministère de la Santé, lui, n’emploie pas le terme de médecines mais de « pratiques de soin non conventionnelles ».

L’Organisation mondiale de la santé, qui comptabilise également les médecines traditionnelles, en recense plus de 400 dans le monde.

L’Ordre national des médecins les classe en quatre catégories :

  • Les thérapies biologiques, à base de produits naturels (phytothérapie, aromathérapie…)
  • Les thérapies manuelles (ostéopathie, chiropraxie…)
  • Les thérapies corps-esprit (hypnose, sophrologie…)
  • Les « systèmes complets » qui reposent sur leurs propres principes de guérison (acupuncture, homéopathie)

En France, certaines disposent de diplômes ou de formations reconnues, comme l’ostéopathie, mais beaucoup d’autres ne sont pas encadrées. N’importe qui peut se déclarer praticien naturopathe, par exemple. Ces pratiques ne sont pas remboursées par l’Assurance-Maladie, hormis l’homéopathie et l’acupuncture quand elles sont pratiquées par des médecins ou des sages-femmes. Beaucoup de mutuelles proposent néanmoins une prise en charge forfaitaire et partielle des consultations d’ostéopathie, d’hypnothérapie….

 

2. Qui y a recours et pourquoi ?

40 % des Français ont déjà eu recours à une médecine complémentaire une fois dans leur vie, selon l’Ordre national des médecins. « J’ai toujours eu des patients qui m’en parlaient, mais ces dernières années c’est de plus en plus fréquent », témoigne Baptiste Beaulieu, médecin généraliste et romancier, qui y voit un lien « avec le récent contexte de scandales sanitaires comme le Mediator, les prothèses PIP, le Levothyrox… Les patients perdent confiance en la médecine conventionnelle ».

On se tourne vers ces médecines dites « douces » pour des troubles anxieux, de l’insomnie, du stress… Beaucoup de patients porteurs d’une maladie chronique, avec des douleurs complexes à soigner ou des troubles sans lésion « visible », des douleurs aux causes multiples, ont aussi recours aux médecines alternatives. Certaines sont aussi conseillées comme soins de support pour aider à mieux supporter les effets secondaires de traitements lourds comme une radiothérapie ou une chimiothérapie. Prudence cependant, l’Institut national du cancer a publié un document de mise en garde contre les dérives sectaires de certaines méthodes alternatives présentées comme des soins contre le cancer.

 

3. Quelle reconnaissance de la part de la Médecine ?

Quatre pratiques sont, en France, reconnues par l’Ordre des médecins : homéopathie, acupuncture, mésothérapie (injections locales et superficielles de médicaments) et ostéopathie. Plus de 6.000 médecins déclaraient, en 2015, un titre ou une orientation de médecine alternative ou complémentaire. Certaines pratiques sont dorénavant proposées au sein des hôpitaux, comme l’hypnose en anesthésie, l’ostéopathie ou l’acupuncture dans les maternités par exemple. L’Ordre des médecins indique que, pour lui les médecines complémentaires peuvent « accompagner un traitement mais en aucun cas s’y substituer ». Il met notamment en garde contre de possibles dérives dans les médecines alternatives, lorsqu’elles ne sont pas proposées par un membre du corps médical : « charlatans » ou « dérives sectaires » existent dans ce domaine.

 

4. Quelle efficacité ?

Hormis l’acupuncture, ces méthodes n’ont pas fait l’objet d’étude scientifique qui ait permis de prouver scientifiquement leur efficacité, ou pas assez démontrée. Néanmoins, elles ont trouvé leur place, y compris dans les murs de l’hôpital et dans les cabinets des médecins, en complément ou en remplacement de traitements conventionnels.

L’Ordre national des médecins est très attentif à « cette appétence pour les médecines dites naturelles, notamment relatives à la phytothérapie » souligne le Dr. Jean-Marcel Mourgues, président de la section Santé publique au sein du Conseil. Il encourage les patients à ne pas aller vers l’automédication et préférer consulter un médecin, même pour de la phytothérapie, rappelant que, « si l’Ordre reçoit de nombreux signalements de thérapeutes auto-qualifiés, il y en a peu concernant un exercice déviant de la part de médecins ».

« Avec mes patients, mon seul critère est de savoir si cela leur fait du bien ou pas », répond quant à lui le Dr. Baptiste Beaulieu. « Il m’arrive de conseiller la sophrologie pour les troubles du sommeil et le stress, une bonne alternative aux anxiolytiques ». Surtout, souligne-t-il, « ce qu’offrent ces pratiques, c’est une approche globale du patient. On n’a pas forcément le temps lors de nos consultations. Or il est important aujourd’hui pour les gens de trouver un espace pour se livrer, être écouté, cela fait partie de la relation de soins et la médecine conventionnelle pourrait s’inspirer des médecines alternatives sur ce point. »

 

5. Comment choisir son praticien ?

Si c’est possible, tournez-vous vers un médecin. Le Conseil de l’Ordre propose en ligne un annuaire qui permet de sélectionner les praticiens spécialisés dans telle ou telle médecine complémentaire. Sinon, parlez-en à votre médecin avant de consulter. Il pourra vous donner son avis, des recommandations et certaines contre-indications (certains traitements à base de plantes ne doivent par exemple pas être pris en même temps que des traitements conventionnels). N’arrêtez surtout pas votre traitement médical conventionnel pour y substituer une thérapie alternative, sans avis médical.

 

Aller plus loin

Rapport de l’Académie nationale de médecine : Thérapies complémentaires, leur place parmi les ressources de soins
Quelle place pour les médecines complémentaires ? : webzine du Conseil national de l’Ordre des médecins

  • Pauline Hervé
  • Crédit photo : Getty Images

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