Coronavirus : vos témoignages

Vous avez été nombreux à répondre à notre appel à témoignages « Coronavirus : comment êtes-vous impacté ? ». Et nous vous en remercions. Voici quelques extraits de vos récits sur cette période si particulière pour tout le monde.

Coronavirus : vos témoignages

Mi-mars, nous avons lancé un appel à témoignages sur notre site. Nous voulions savoir comment vous, nos lecteurs, étiez impactés par le coronavirus. Un virus qui perturbe votre quotidien : votre vie de famille, votre travail, vos relations amicales, notre économie… Un virus qui touche aussi cruellement nombre d’entre vous ou de vos proches en raison de la maladie qu’il provoque : le Covid-19.

Nous vous avons également interrogé sur la manière dont vous viviez le confinement. Une situation inédite dans notre pays et qui n’est pas simple à gérer pour tout le monde. Voici quelques-uns de vos témoignages.

Rendre service et rester positif

Maryvonne, 65 ans (49)

« J’ai eu un cancer du sein il y a plus de deux ans et je trouve que cette épreuve du confinement est bien plus facile à vivre car je ne suis pas malade. Je peux rendre service à mes voisins, téléphoner (je fais une nouvelle liste de personnes à contacter chaque jour avec des amis fidèles et aussi des connaissances plus lointaines avec lesquelles je reprends contact), envoyer des courriels, me cultiver sur internet, écouter de la musique, lire, méditer.

En fait, ma vie est de plus en plus riche d’échanges et je profite de ce temps donné pour faire le grand rangement dans mon appartement petit à petit mais aussi dans ma tête. L’essentiel est en nous. Je suis heureuse de vivre et je retrouve le goût et le temps pour faire de la cuisine.

Je pense à tous ceux qui sont à notre service et doivent travailler intensément. Je les remercie pour tous ces efforts, ce travail et ce souci d’aider. Je leur souhaite de tenir bon. J’espère que cette épreuve nous permettra de créer un environnement plus chaleureux et plus ouvert aux autres qu’ils soient nos voisins, nos proches ou ceux que l’on rencontre par hasard. Je souhaite que l’on n’oublie pas, aujourd’hui comme demain, en faisant nos courses essentielles de se regarder et de sourire chaleureusement. Comme le dit l’adage : « Un sourire peut faire beaucoup ». »

Télétravail et isolement forcé

Stéphanie, 45 ans (78)

« Je suis fonctionnaire. Ma collectivité m’a équipée pour faire du télétravail. J’y vois des avantages : travailler m’occupe, mes activités professionnelles sont adaptées. Je peux me concentrer sur la réalisation de tâches avec moins de contraintes rencontrées au bureau. Et l’utilisation de la visioconférence permet de rester en contact avec mes collègues. Mais il ne faut pas que cela dure trop, socialement parlant.

Quant à mes proches, nous utilisons Skype, ce qui nous permet de nous appeler et de nous voir. C’est précieux pour s’assurer que tout va bien et rompre l’isolement quelques instants. »

Avec deux enfants en bas âge, c’est très compliqué

Laurie, 31 ans (93)

« Nous sommes parents de deux petits de moins de trois ans. Depuis le début du confinement, ils sont comme deux lions en cage. Nous n’avons pas de jardin et disposons juste d’un tout petit balcon. Ils sont très énervés et devoir constamment les occuper est fatigant pour nous, parents, en plus de gérer leur colère et angoisse inhabituelles. Ajoutez à cela la déprime des manques de sorties pour les adultes et vous obtenez un cocktail assez détonnant.

Vivement que ça finisse car contrairement à ce que certains ont dit dans la presse, ce ne sont certainement pas des vacances ! En tout cas pas quand on vit dans un appartement en banlieue avec des enfants en bas âge. »

La crainte des conséquences du confinement

Élisabeth, 52 ans (69)

« Plus que le coronavirus, c’est un avenir inconnu mais a priori sombre que je redoute. En effet, en cours de création d’entreprise avec mon compagnon, nous finançons notre projet via nos indemnités Pôle emploi, comme beaucoup d’entrepreneurs.

La recherche d’emploi est une étape nécessaire pour nous donner les moyens de continuer car notre future activité est inhérente à un lieu, donc demande du temps pour la recherche, l’acquisition immobilière et les éventuels travaux. Or le contexte actuel ne se prête pas vraiment au recrutement, ralenti, à l’image de la tendance économique. Se pose alors la question non seulement de parvenir à trouver une mission, mais aussi de garder la marge de sécurité de la durée d’indemnisation, au risque de basculer davantage vers la précarité le cas échéant.

Le climat anxiogène est amplifié par cette incertitude, qui s’ajoute à l’adaptation quotidienne pour conserver un approvisionnement alimentaire basé sur les circuits courts mis à mal par l’interdiction des marchés dans un quartier, une ville, qui les favorise habituellement. Cette contrainte qui complique la logistique, est source de stress quand la plupart des enseignes bios et des petits commerces de production locale affichent une attente quasiment tout au long de la journée.

Le confinement génère par ailleurs des inégalités au sein de la population active : certaines situations avantagées (salaire maintenu sans activité, souplesse du télétravail…) et d’autres non (chômage total/partiel…). »

Beaucoup de temps libéré

Martine, 67 ans (11)

« Accepter ce que je ne peux pas changer et m’adapter à la réalité. C’est ma philosophie de vie depuis plus de 20 ans. Et aujourd’hui, elle m’est bien utile pour « gérer » sans rébellion ce confinement imposé ! À la retraite, mais pas en retrait, j’ai, en temps ordinaire, de nombreux engagements associatifs. Aussi, depuis le début du confinement, me voilà avec beaucoup de temps libéré… Je dis « temps libéré » et non « temps libre » car, sinon j’en profiterais pour aller randonner à pied ou à vélo, pour aller au cinéma, visiter ou revisiter un monument…

J’en profite donc pour rattraper mon retard de lecture, pour regarder mes DVD, et pour faire quotidiennement une méditation guidée. J’écoute aussi des conférences inspirantes sur internet et je partage certains liens par mail avec discernement. Bref, je prends davantage le temps de M’ASSEOIR ! Je téléphone aussi : à des ami.e.s éloigné.e.s géographiquement ou pas, perdu.e.s de vue ou non, à ma famille. Pour prendre des nouvelles ou comme ça, « pour rien »…

Quant à l’exercice physique, en plus du vélo d’appartement, je me suis trouvé un prétexte. Tous les jours à 16 heures, je vais promener la chienne d’un voisin qui ne peut plus le faire lui-même depuis un AVC. Ainsi, tout le monde est content : la chienne, son maître, et moi aussi ! Car, sans la chienne, je ne sais vraiment pas si j’irais marcher en ville sans but une demi-heure… Ah ! Et puis, tous les soirs à 20 heures, je sors dans ma rue applaudir les soignants ! »

La solitude des personnes en Ehpad

Daniela, 63 ans

« Ma mère vit en Ehpad*, et désormais impossible de lui rendre visite, ni même lui téléphoner puisqu’elle ne sait plus utiliser le téléphone. Sans visites, il en va de son moral, de sa santé et de sa vie. Ce n’est pas d’une grippe qu’elle risque de mourir mais de chagrin…

Si l’on commence à entendre des voix s’élever sur les risques psychiques du confinement pour nos aînés, elles sont très assourdies par toutes les difficultés que génère une telle crise sanitaire pour l’ensemble des populations.

Le grand risque est que la gestion purement sanitaire de cette crise n’en vienne en définitive à sacrifier la fin de vie de nos parents en voulant la préserver, si des mesures plus raisonnées d’aménagement des visites n’interviennent pas urgemment.

Bref, je ne sais même pas si je reverrai ma mère de son vivant. »

* Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

La revanche de la nature ?

André

« Je ne savais pas de quelle façon « la Nature » réagirait. J’observe qu’un insidieux virus ébranle notre société de consommation. Ma seule angoisse : que les politiques et les consommateurs reprennent leurs habitudes suicidaires pour l’humanité. »

Une gestion du temps différente

Mireille, 63 ans

« Je suis retraitée depuis 1 an et demi et je vis seule. J’ai donc déjà modifié mon mode de vie. Ce qui me manque le plus, c’est la seule activité physique que je pouvais faire vu l’état de mes genoux : la piscine.

Je m’occupe de ma maman de 87 ans qui habite à moins d’1 km, qui souhaite rester seule à son domicile et à qui je téléphone deux fois par jour. Je la vois une à deux fois par semaine pour l’aider à faire ses courses en même temps que je fais les miennes. Mon fils et ma fille sont loin, mais nous utilisons internet pour communiquer. Pour les amis, le téléphone est très utile.

J’ai quelques rendez-vous médicaux qui sont maintenus (généraliste et labo). Mais les spécialistes qui assuraient le suivi de mon diabète ou de ma prothèse de genou ont annulé. Je prends des cours de brésilien par internet et je dessine. Je teste aussi de nouvelles recettes pour diabétiques. Mon diabète va bien et moi aussi globalement. »

N’hésitez pas à nous écrire !

Vous aussi, vous souhaitez nous envoyer votre témoignage en lien avec le coronavirus ? Vous pouvez le faire directement sur cette page de notre site.

  • Angélique Pineau-Hamaguchi
  • Crédit photo : Getty Images

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