Coronavirus : le CHU de Montpellier, prêt à faire face à un afflux massif de patients

Depuis le 6 mars 2020, le Plan blanc est progressivement déclenché dans tous les hôpitaux de France pour gérer la pandémie du Covid-19. C’est le cas au CHU de Montpellier où des mesures d’organisation sanitaire exceptionnelles sont engagées.

C’est le branle-bas de combat au CHU de Montpellier, où un premier cas de coronavirus a été pris en charge le 27 février dernier*. Au lendemain de l’allocution du chef de l’État sur les mesures prises pour éviter la propagation de la pandémie en France, l’établissement de santé, fortement mobilisé depuis des semaines, s’est réorganisé afin de faire face à un afflux massif de patients.

« Nous sommes au niveau 1 du Plan blanc qui fixe les règles de mobilisation du personnel soignant. Il faut que les professionnels de santé puissent être sur le front épidémique et être relayés pour ne pas s’épuiser devant ce virus amené à durer », explique Thomas Le Ludec, directeur général du CHU de Montpellier.

L’importance des pratiques à adopter

Le 15 est le numéro à appeler en cas de symptômes respiratoires, c’est-à-dire de toux, de fièvres et de douleurs thoraciques combinées.

Pour toutes autres questions, un numéro vert est à disposition : 0 800 130 000. Cette plateforme est ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Des gestes barrières sont à suivre :

  • Se laver les mains régulièrement
  • Éternuer et tousser dans son coude
  • Utiliser un mouchoir à usage unique
  • Porter un masque jetable quand on est malade
  • Ne pas se faire la bise ni se serrer la main.

Services recentralisés pour éviter la contamination croisée

Le fonctionnement du CHU a été redéfini pour garantir deux flux séparés : celui des urgences générales et celui des urgences respiratoires. « Et cela dans le but d’éviter la contamination croisée au sein de l’établissement. C’est un impératif de sérénité pour les patients et pour les personnels », poursuit Thomas Le Ludec.

Par conséquent, les divers services de soins en charge du virus – répartis jusqu’alors sur les divers hôpitaux qui composent le CHU – ont été localisés sur le seul site de l’hôpital de Lapeyronie. Le dispositif de dépistage ambulatoire y a été transféré et renforcé. La totalité du département des maladies infectieuses et tropicales y a été relocalisée afin d’être à proximité du service de réanimation et de transporter au plus vite les patients d’une unité à l’autre. Vingt lits y sont disponibles. Trente de plus, et au-delà, pourront être débloqués rapidement si l’urgence s’impose.

« Dans ce même mouvement, nous avons mis en place en deux jours une application de suivi à domicile des patients qui ont été ou seront dépistés positifs au coronavirus. Ce télé-suivi est sécurisé et établit un lien permanent avec ces malades ».

Activités et opérations non urgentes déprogrammées

Le CHU de Montpellier et les établissements de santé publics et privés du département de l’Hérault ont déprogrammé les activités et opérations non urgentes. L’objectif : accroître leurs possibilités d’hospitalisation liées au coronavirus, pour laisser le plus de lits disponibles pour les soins critiques.

« Il est essentiel que l’ensemble des dispositifs de santé soient synchronisés sur notre bassin. Nous savons, grâce à nos voisins italiens, que nous allons faire face à une vague forte, brutale et en partie inopinée de cas. Il faut avoir la capacité d’admettre au plus vite des patients en réanimation, de les ramener ensuite en parcours de soins vers les services de médecine, puis vers le télé-suivi ». Les équipes médicales sont pleinement mobilisées pour affronter « la hauteur de cette vague ».

Toutefois, ces déprogrammations se feront sans pénaliser les autres patients. « Je prends pour exemple un patient atteint d’un cancer : il ne peut attendre si l’opération est estimée urgente. Et nous assurerons des téléconsultations dans tous les services hospitaliers du CHU », souligne le directeur général de l’établissement.

La gestion du personnel est assurée dans une logique d’anticipation pour permettre des relèves régulières. « Nous sommes dans une phase de recensement et de détection de tous les professionnels de santé, y compris les retraités récents afin de renforcer les effectifs ».

Des visites strictement encadrées ou interdites

Les visites aux patients du CHU sont strictement encadrées : elles sont limitées à une personne par jour, sauf exception expressément accordée par l’équipe médicale. Elles sont interdites dans tous les pôles gériatriques, les services qui accueillent des mineurs et des patients qui présentent des symptômes de fièvres, toux et douleurs thoraciques.

Les professionnels extérieurs au CHU – comme les visiteurs médicaux – ne peuvent plus se rendre au chevet des malades. « Nous sommes engagés dans une course contre la montre. Nous devons prévoir au maximum notre organisation pour ne pas courir ni s’essouffler. C’est la leçon que nous tirons de nos confrères italiens qui ont été pris de court », précise Thomas Le Ludec. Et d’insister : « Nos efforts sont collectifs et solidaires. Tous les établissements, les professionnels de santé en hôpitaux, en cliniques, en ville, sont mobilisés pour prévenir les saturations. Nous sommes tous en lien étroit sur le territoire national. Armés ! ».

*Ce 13 mars 2020, le CHU comptait onze patients atteints du coronavirus hospitalisés, 3 sont en réanimation dont 2 dans un état sévère et un en amélioration.

Légende photo : Des tentes jaunes ont été installées au CHU de Montpellier pour les patients qui attendent d’être dépistés afin de savoir s’ils sont positifs au coronavirus.

  • Patricia Guipponi
  • Crédit photo : CHU de Montpellier

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