Santé : comment alléger vos dépenses ?

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De nombreux Français renoncent à des soins médicaux pour des raisons financières. À l’heure où il est beaucoup question du pouvoir d’achat, il devient crucial de réduire ses dépenses. Nous avons recensé neuf solutions pour se soigner moins cher.

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1.    Opter pour une prestation 100 % Santé

La réforme du 100 % Santé (reste à charge zéro) poursuit un objectif : combattre le renoncement aux soins. Le Gouvernement s’est engagé à ce que tous les Français bénéficient d’une prise en charge intégrale de soins et d’équipements dans trois domaines : audition (aides auditives), optique (lunettes de vue) et dentaire (prothèses dentaires).

Tous les soins et équipements qui entrent dans le 100 % Santé sont ainsi pris en charge intégralement, principalement financés par votre mutuelle. Les organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) financent en effet 77 % de cette réforme, d’après l’Union nationale des OCAM. Si votre professionnel de santé ne vous les propose pas spontanément, n’hésitez pas à lui en parler.

alléger ses dépenses
Grâce au 100 % Santé, il est possible de bénéficier du reste à charge zéro sur certains équipements comme les lunettes de vue. Crédit photo : Adobe Stock.

2.    Choisir un médecin de secteur 1

Il existe deux catégories de médecins conventionnés : ceux de secteur 1 et ceux de secteur 2. Les premiers ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires, alors que les seconds fixent librement leurs tarifs. Leurs dépassements d’honoraires ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie, mais peuvent l’être, en tout ou partie, par votre mutuelle (selon votre contrat).

À noter, toutefois, que certains médecins en secteur 2 ont signé avec l’Assurance maladie un contrat d’option pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM), qui génère des dépassements moins élevés et un remboursement supérieur à la fois de la Sécurité sociale et de la complémentaire santé.

Contrairement au secteur 2 hors OPTAM, une consultation chez un médecin de secteur 1 sera couverte par la Sécurité sociale et par votre complémentaire santé, avec toutefois un reste à charge d’un euro. L’un des moyens de se soigner moins cher consiste donc à se rendre chez un médecin de secteur 1 ou chez un médecin OPTAM. Avant votre consultation, vous pouvez identifier sur le site annuairesante.ameli.fr le secteur auquel votre médecin est rattaché et son éventuelle adhésion à OPTAM s’il est en secteur 2.

3.    Bénéficier d’un bilan de santé gratuit

L’Assurance maladie propose tous les cinq ans un bilan de santé gratuit aux assurés sociaux du régime général et du régime agricole (MSA) ainsi qu’à leurs ayants droit. Une priorité est donnée notamment aux 16-25 ans et aux personnes âgées de 60 à 75 ans (délai moins long pour obtenir un rendez-vous).

L’Assurance maladie propose également un examen bucco-dentaire gratuit, « MT’dents » (réservé aux enfants et aux jeunes de 3 ans à 24 ans). Ils bénéficient tous les trois ans de cet examen au cours duquel le praticien vérifie la santé des dents et des gencives.

4.    Se rendre aux journées nationales de dépistage

Certains actes de prévention sont également accessibles sans débourser le moindre euro. Ainsi, plusieurs pathologies font l’objet de campagnes nationales de dépistage. La Journée nationale du dépistage du cancer de la peau, par exemple, se déroule chaque année en juin, désormais sur plusieurs jours. À cette occasion, des centaines de dermatologues assurent, sur la base du volontariat, des consultations de dépistage anonymes et gratuites (plus d’informations sur le site e-cancer.fr.

D’autres opérations de dépistage sont organisées au niveau national au cours de l’année : la Semaine nationale de prévention du diabète (septembre, informations sur federationdesdiabetiques.org), la Journée de dépistage de l’hépatite C (octobre), la Journée nationale de dépistage de la DMLA pour prévenir la dégénérescence maculaire (novembre)…

5.    Utiliser les services de soins et d’accompagnement mutualistes

Ouverts à tous les assurés sociaux, adhérents ou non d’une mutuelle, les services de soins et d’accompagnement mutualistes (SSAM) offrent des soins médicaux, dentaires et infirmiers à des tarifs conventionnels sans dépassement d’honoraires. Quant aux équipements à tarifs libres (optique, prothèses dentaires, aides auditives), leurs prix sont encadrés afin de laisser aux patients un reste à charge minimum. Ces SSAM pratiquent également le tiers payant (c’est-à-dire pas d’avance de frais) sur le régime obligatoire.

Il en existe dans toute la France dont certains sont gérés par le Groupe VYV. Retrouvez l’ensemble de ces établissements sur le site de la Fédération nationale de la Mutualité Française.

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Parmi les services de soins et d’accompagnement mutualistes (SSAM), il existe notamment des centres de soins dentaires. Crédit photo iStock.

6.    Vérifier son éligibilité à la complémentaire santé solidaire

Si vous rencontrez des difficultés financières dans l’accès aux soins, vous pouvez peut-être bénéficier de la complémentaire santé solidaire (CSS). Pour être éligible à la CSS, il ne faut pas dépasser un plafond de ressources. Celui-ci varie en fonction de la composition de votre foyer (le site ameli.fr délivre toutes les indications nécessaires). À noter que l’attribution de la CSS est automatique pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA).

Les bénéficiaires de la CSS ne paient ni les consultations (médecin, dentiste, infirmier…), ni les médicaments, ni les dispositifs médicaux (pansements, canne, fauteuil roulant…). Ils n’ont pas non plus à régler la plupart des frais pour des lunettes, des prothèses auditives ou dentaires.

7.    Se faire rembourser les séances chez le psy

Avec le dispositif MonPsy, il est possible de bénéficier de huit séances annuelles gratuites chez un psychologue. Il faut d’abord échanger avec votre médecin traitant afin qu’il s’assure que MonPsy est adapté à votre situation. S’il donne son accord, vous pouvez démarrer vos huit séances en présentiel ou à distance (la première séance doit obligatoirement être en présentiel).

Il faut pour cela prendre rendez-vous avec l’un des psychologues partenaires de l’opération, dont l’annuaire est en ligne sur le site monpsy.sante.gouv.fr.

8.    Consulter au sein d’un institut de formation médicale

Les écoles qui forment les futurs praticiens proposent parfois des soins à tarifs réduits. Exemple : les ostéopathes. Une séance d’ostéopathie coûte en moyenne 55 euros et elle n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie. Les étudiants en fin de cursus, encadrés par des praticiens confirmés, dispensent des soins à un coût réduit (environ 15 euros) dans les 31 écoles d’ostéopathie agréées. Des informations sont disponibles à ce sujet sur le site du Syndicat français des ostéopathes.

La même démarche peut être effectuée en podologie. Se rendre dans l’un des 14 instituts de formation en podologie permet de bénéficier d’un tarif de consultation d’environ 10 euros, contre 35 euros pour le prix moyen d’un soin de pédicurie (source : Ordre national des pédicures-podologues).

9.    Adapter sa complémentaire santé à ses besoins

Refaire le point sur son contrat de complémentaire santé peut aussi être une source d’amélioration de son pouvoir d’achat. Avec le temps, les besoins évoluent et certains d’entre eux ne nécessitent plus de couverture, ou alors à travers des garanties différentes. Lorsqu’un enfant acquiert son autonomie, par exemple, il faut penser à le retirer de son contrat santé.

Vous ne devez pas hésiter à faire le point régulièrement avec votre conseiller. Cet échange vous donnera l’opportunité d’affiner votre contrat et de faire le tri entre les garanties dont vous avez besoin et celles dont vous pourriez vous passer.

En chiffres

31 %

C’est le pourcentage de Français qui ont renoncé, ces dernières années, à aller voir un médecin généraliste alors qu’ils en avaient besoin. Ce taux monte à 42 % pour les médecins spécialistes.

26 % d’entre eux expliquent ce renoncement pour des raisons financières.

Source : étude Viavoice/Essentiel Santé Magazine, juin 2022.

550 €

C’était le prix moyen d’une couronne en céramique avant la réforme du 100 % Santé. Une fois le remboursement de 355 euros par l’Assurance maladie et la mutuelle, il restait environ 195 euros de frais à la charge de l’assuré. Depuis le panier 100 % Santé, le reste à charge est nul.

Source : Assurance maladie.

53 %

C’est le pourcentage de Français qui déclaraient avoir déjà entendu parler du 100 % Santé en 2021.

Source : étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).

  • Jean Chezaubernard
  • Crédit photo : Getty Images

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