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Comprendre et arrêter le ronflement

Le ronflement, ou ronchopathie, est une nuisance pour soi comme pour son entourage. Mais une bonne connaissance des causes et des réponses à apporter permet d’atténuer un trouble dont les répercussions peuvent se révéler plus graves qu’on ne le pense. Explications.

Comprendre et arrêter le ronflement

La ronchopathie est-elle de plus en plus répandue ? Oui, affirme une étude britannique. Elle conclut même que le nombre de ronfleurs « sévères » a doublé en 20 ans. Synonyme scientifique de ronflement, la ronchopathie est un excès sonore qui touche toutes les tranches de population. Les premiers concernés ? Les plus de 50 ans, avec 40 % de ronfleurs et une progression liée à l’âge (+ 1 % de cas par bougie soufflée). Le trouble n’en reste pas moins répandu chez les jeunes adultes (13 % des 25-45 ans) et se rencontre même chez les enfants et adolescents, sous forme d’épisodes généralement passagers. Et n’allez pas croire que ces dames soient (beaucoup) mieux loties. 2 ronfleurs sur 5 sont… des ronfleuses, capables d’émettre des sons de même intensité : plus de 100 décibels pour les records (l’équivalent d’un moteur de camion !), contre 45-60 décibels classiquement (une discussion à voix haute).

Pourquoi ronfle-t-on ?

« Le ronflement s’explique par le relâchement de la langue, du voile du palais et de la luette lors du sommeil, qui viennent obstruer partiellement les voies respiratoires, notamment en position dorsale. L’air circule plus difficilement et fait vibrer les tissus lors de l’inspiration et/ou de l’expiration. Plus le passage est difficile, plus la vibration est intense et plus le ronflement est fort », explique le Dr Eric Bonafos, ORL et chirurgien cervico-facial à la clinique du Parc de Castelnau-le-Lez. Dans certains cas, le problème peut être lié ou accentué par des spécificités physiques : morphologie de la mâchoire, congestion nasale, polypes sur les voies nasales, amygdales trop volumineuses… Les tissus peuvent également être relâchés sous l’effet du tabac, de l’alcool, de certains médicaments (somnifères, tranquillisants et antihistaminiques…) et d’une surcharge pondérale. L’épidémie de surpoids et d’obésité est de facto la principale cause de l’accroissement du nombre de ronchopathes.

Quelles sont les conséquences du ronflement ?

Répercussion la plus fréquente (et douloureuse) : le coup de coude du conjoint ! Plus sérieusement, le ronfleur peut perturber le sommeil des personnes qui partagent son espace de vie et entraîner à la longue des tensions, voire de véritables problèmes relationnels. Un sentiment de gêne peut aussi se développer chez le ronchopathe, qui culpabilise vis-à-vis des personnes qu’il « pollue », en particulier hors de la cellule familiale : avion, train, chambres communes…

Chez 4 % des Français, un ronflement signe en réalité une apnée du sommeil, pathologie entraînant des « pauses » respiratoires silencieuses et répétées tout au long de la nuit. « Ces arrêts peuvent durer plusieurs dizaines de secondes et entraîner de brefs réveils dont le dormeur n’a pas conscience. Résultat : un repos moins réparateur, synonyme de fatigue, de manque d’attention et de somnolence en journée », précise le Dr Bonafos. Sans oublier les risques de maladie cardiovasculaire et l’apparition de déficits cognitifs, récemment identifiés par une équipe australienne. Autant de raisons de consulter un médecin en cas de suspicion d’apnée du sommeil.

Les astuces pour arrêter de ronfler

Le meilleur moyen de lutter contre le ronflement est d’éliminer ou restreindre les causes. Typiquement, réduire sa consommation de tabac, éviter de boire de l’alcool au moins deux heures avant de se coucher ou perdre du poids. Pour les cas indépendants de « facteurs externes », d’autres approches sont envisageables. La chirurgie, la CPAP1 ou le rétrécissement tissulaire par radiofréquence restent à limiter à des cas complexes et/ou sévères. Des modificateurs de postures sont plus facilement accessibles, par exemple une gouttière pour la mâchoire ou un dispositif gênant la position dorsale (via bandeau ou T-shirt intégrant une protubérance à l’arrière). Diverses applications et objets connectés sont également conçus pour analyser le souffle et inciter si nécessaire, par sifflement ou vibration, au changement de position.

1 Dispositif de ventilation à pression positive continue, composé d’un masque relié à un générateur de débit d’air.

  • Olivier Vachey
  • Crédit photo : Getty Images

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